Les sacrés liens du mariage [ Récit ]

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fredchl
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Les sacrés liens du mariage [ Récit ]

Message par fredchl » 24 mai 2016, 19:05

En lisant plusieurs sujets sur le forum, j'ai essayé de m'imaginer la réaction d'une personne découvrant brusquement que son conjoint s'adonne aux plaisirs du bondage sans avoir jamais osé lui avouer ses fantasmes...

Bonne lecture ! ;)

Partie 1 :

Le regard couleur de miel était absorbé dans la contemplation du paysage s’étalant à travers le pare-brise se couvrant d’une fine couche de buée.
Le long étang bordé de saules, recouvert de nénuphars, de place en place, derrière le petit cabanon aux murs de pierre grise confortable aux rideaux soigneusement tirés, un lourd panache de fumée bleue montant de la cheminée.
Sans véritablement le voir, perdue dans ses pensées.
Lucille regrettait cette décision subite, l’envie de ranger le bureau de son mari, Jean.
Si elle n’avait pas ouvert ce maudit tiroir, rien ne serait arrivé.
La femme se passa une main dans ses longs cheveux acajou, soupira longuement.
Vingt-ans de mariage, trois beaux enfants qui leur donnaient entière satisfaction, le pavillon de cent-dix mètre carrés payé à crédit.
Une vie classique, tranquille, banale, le jeudi soir à souper chez sa belle-mère et un dimanche chez ses parents qui adoraient leur gendre, tous les quinze jours.
Bon, ils n’avaient pas le chien, juste deux petits poissons rouges tournant en rond dans un petit bocal posé sur le guéridon du couloir, mais Lucille était allergique au poil, donc, pas le choix !...
Elle allait casser tout ce bonheur ?.... L’anéantir, le réduire en miette ?...
Hé ! Ho ! C’était de sa faute à lui !
C’était elle la cocue !...
Sa râge augmenta comme le crépitement de la pluie roulant de fines gouttes sur le pare-brise.
Se les imaginant, elle, renversée sur le petit clic-clac, jambes écartées, haletante tandis qu’elle refermait ses cuisses sur le visage de son homme perdu dans son entrejambe...
Son homme...
Son mari...
Son mari se tapait une donzelle presque vingt-ans plus jeune que lui.
Peut-être que c’était elle qui était agenouillée à ses pieds, lui administrant la meilleure fellation de sa vie...
Elle allait te lui botter le cul !...
Lucille eut un flash-back, leur communication téléphonique juste avant le drame, elle le savait parti à la pêche au bord de leur étang, une concession achetée à trois avec un copain et son père :
- Chéri ?...
- Oui mon coeur ?...
- Je ne trouve pas la clé pour ouvrir le dernier tiroir du bureau...
- Le dernier tiroir ?...
La voix de Jean s’était transformée, hachée et balbutiante :
- Tu... Veux... Ouvrir... Le... Le...
- Oui ! Je fais les poussières... Tu seras content, j’ai rangée tout tes papiers et remis de l’ordre, il y en avait bien besoin...
- Remis de l’ordre ?... Oui... Oui...
Elle le sentait embarrassé.
- Tu as un prôbleme ? Des soucis ?
- Non, non... Rien...
Un blanc avait suivi puis il avait éludé :
- Laisse-tomber, je l’ouvrirai en rentrant... D’ailleurs, je crois qu’il bloque... Il n’y a rien pas grand-chose dedans...
Pas grand-chose ! Tu parles !...
Finalement Lucille l’avait débloqué en tirant d’un coup sec, d’autant plus facilement que le tiroir n’était pas verrouillé.
Elle avait ouvert des yeux ronds, sortant les quelques revues empilées.
Déchiffrant les titres évocateurs.
« Noeuds et liens »
« Shibari »
Et surtout le dernier, une magnifique blonde plantureuse soigneusement ficelée à la manière d’un roti d’étalant sur la couverture au nom totalement explicite :
« Attache-moi »
- Qu’est-ce que c’est que ces trucs ?...
Elle avait renfourné les revues dans le tiroir, parce que le téléphone sonnait encore :
- Oui ? Allo ?
- Lucille ? C’est Philippe !
- Philippe ! Comment vas-tu ?...
- Bien et toi ?...
- Impec !
- Dis-moi, Jean est rentré ?...
- Heu... Non. Pas avant ce soir, il est à la pêche.
- Jean ! A la pêche ? Tu te fiche de moi ?...
- Mais non !
Elle avait eue le soufle coupé par la réfléxion du mari de sa copine :
- Je l’ai croisé, il y a cinq minutes, à la sortie du village. J’ai bien essayé de le joindre sur son portable mais il ne m’a pas répondu...
- Il vient de me dire qu’il était à l’étang...
Son correspondant ricana :
- Avec la fille qui l’accompagnait ?... Ils étaient deux dans sa Volvo...
- Deux ? Avec une fille ?... Tu est sur ?...
- Certain ! Il n’avait pas l’air d’être en tenue de pêche, en tout cas...
La phrase avait jeté le doute dans l’esprit de Lucille.
Elle avait voulu verifier.
Ils avaient du trainer en route, ou s’arreter quelque part, parce que lorsqu’elle était passée sur la route surplombant la vallée, dévoilant l’étang et la cabane, Lucille avait cogné le centre du volant d’un poing râgeur :
- J’en étais sure !...
Jean n’était pas seul, une jolie fille longiligne aux courts cheveux noirs et à la taille fine enfermée dans un pantacourt bleu descendait de la Volvo, avant de disparaitre à l’interieur avec lui, son mari chargé d’une lourde caisse de plastique noir.
Lucille avait écrasé l’accélérateur, furieuse.
Maintenant, elle s’impatientait, sa côlère intensifiée de minute en minute.
Décida brusquement d’en avoir le coeur net, s’éjéctant d’un mouvement nerveux de sa Clio et louvoyant entre les flaques d’eau pour ne pas abimer le cuir de ses bottes noires.
Plantée devant la porte, elle inspira une grande bouffée d’air, baissa la poignée qui céda d’un coup.
Son regard aigu enregistra la scène, gravant l’image qui lui reviendrait toujours en mémoire :
Jean complètement nu attaché sur la chaise, un lacis soigné de cordes l’entravant, passant sous le bois, derrière, l’immobilisant totalement, les bras retenus en arrière, bailloné et aveuglé d’un bandeau de satin noir.
La fille s’était tétanisée face à son irruption, assise à même la table de bois blanc, lisant un magazine posé sur ses genoux.
Parlant d’entraves évidemment !
La crise de râge s’était subitement transformée en constatant la vue, Lucille explosant d’une violente crise de fou-rire ininterrompue, pendant un long moment.
Dès qu’elle tentait de se calmer, il suffisait qu’elle pose son regard sur son mari et ça repartait, la laissant éssouflée, les larmes aux yeux commençant à ravager son Rimmel.
Sa râge remonta subitement à la surface parce que la fille revenue de sa surprise tenta de plaider leur cause :
- Attendez ! Ne croyez pas...
- Toi la ligoteuse, ferme-là !...
Elle se tint coi devant la main menaçante levée vivement vers son visage :
- Tu l’ouvres et je t’en fiche une ! Ne te mêle pas de ça !...
La gifle s’écrasa sur la joue du mari impuissant :
- Tiens ! Tu ne l’auras pas volée !
- Hé ! Doucement !
Piquée au vif, Lucille vira vers la fille offusquée, grondante :
- Quoi ! Tu t’amuse avec des jeux pervers avec mon mari derrière mon dos et je ne devrais rien dire ?...
- Pervers, pervers... vous y allez un peu fort !...
- Cela fait combien de temps que cela dure, vos petits « encordages » ?...
- La troisième fois... Avoua la fille.
- Et ensuite vous baisez ?
La réponse indignée fusa :
- Non ! Je l’attache, environ trente minutes, ensuite on inverse, il n’y a pas de sexe entre nous, je vous le jure ! On s’amuse, c’est tout !...
- Des jeux de con, oui !...
Sa colère retomba subitement, haussant les épaules.
Elle revint vers la porte, se retourna pour considerer son mari puis fusilla la jeune fille du regard :
- Lorsque ta paupiette sera à point, je te conseille de la déficeler rapidos et de me la renvoyer au trot ! Il ne perds rien pour attendre, le roi du bondage !...
La porte vibra en claquant derrière elle.
Lucille ne se souvint pas du trajet, au retour, remâchant une sourde rancoeur.
Son fiel monta d’un cran dans le garage, détaillant un décor auquel elle n’avait jamais prêté attention :
Accrochés au mur, une ribambelle de rouleaux, ficelles, cordelettes et cordes de différentes matières et diametres, alignés du plus fin au plus épais, lui faisant ouvrir des yeux ronds.
Et si elle ouvrait les caisses posées sur le ciment, elle découvrirait quoi ? Du latex ?...
- Mon mari est un fou. Un pervers... J’ai épousée un cinglé...
Son premier réflèxe fut d’aller se servir un verre, puisant dans le mini-bar.
Un whisky bu d’un trait qui la réconforta, suivi d’un second, lampé à petites gorgées lentes.
Lorsque la porte de l’entrée claqua, Lucille était devant l’ordinateur, l’écran distillant une lueur blafarde dans le bureau.
Jean entra lentement, hésitant :
- Ecoute chérie... Je...
- Tiens ! Bondage-man ! Le retour !...
- Lucille, tu peux t’arreter une seconde et écouter...
- Non ! Répliqua-t-elle. Je lis des choses passionnantes !
Elle dévia son regard, une seconde, le regardant de travers :
- Je découvre la vie déviante de mon mari ! Le surf d’un menteur de première catégorie, d’un champion du monde de l’entourloupe.
Ricana en cliquant pour ouvrir une page :
- Et ta bondageuse ? Elle n’est pas trop traumatisée de notre première entrevue ?...
Son ton se fit doucereux :
- Tu ne l’as pas laissée attachée, j’espère ?...
Jean tenta d’éteindre l’écran mais sa main fut claquée d’un revers sec :
- Laisse-ça !...
- Cela ne rime à rien, laisse-moi te...
Le ton sec fusa, ironique :
- Plus tard ! Je découvre des choses intérréssantes !...
Les commentaires tombèrent d’un ton glacial, tandis qu’elle faisait défiler les pages d’un forum :
- Complètement fou...
- Ils sont pervers...
- Parce qu’en plus monsieur et madame s’attachent !...
Mais peu à peu, ses critiques s’estompèrent, absorbée par la lecture.
Emit des :
- Surprenant...
- Ah oui ?...
- Celle-là, elle n’est pas mal...
Sa main rejeta sechement son mari tentant de prendre le contrôle de la souris :
- Je veux finir ce récit : Il est interressant et bien écrit !...
Jean capitula, quitta la pièce avec un long soupir.
Lucille fut détournée du web par l’appel de sa grande coppine, Anne-Laure.
Lui conta ses souçis en appuyant les détails graveleux avec force explication.
Habituellement, Anne-Laure aurait certainement abondé dans son sens, elles adoraient critiquer leurs amies.
Mais cette fois, un rire amusé fusa dans l’écouteur :
- Et alors, qu’est-ce qui te choque ?...
Son amie expliqua en continuant de rire :
- Parfois, avec Chris, il nous arrive de pimenter nos jeux érotiques... Crois-moi, je ne m’en plains pas... Il m’arrive de finir attachée sur le lit...
- Attachée !
- Ben ! Oui ! C’est très excitant !...
Lucille soupira.
Son amie se moqua :
- Je t’ai toujours dit que tu es vieux-jeu ! Tu devrais t’investir, participer... Rentrer dans son délire... Peut-être finirais-tu par apprécier d’avoir ton homme à ta merci...
- Ca ne va pas, non !...
- Lucille ! Tu t’encroutes, ma vieille...
Le sujet dévia, avant que son amie ne raccroche, lui assurant que tout finirait par s’arranger.
Elle s’absorba dans ses pensées.
Son mari l’avait déja attachée, en fait.
Cela lui était totalement sorti de la mémoire...
Une fois contre un pin, au début de leur rencontre.
Et une autre quelques années auparavant, lui liant les poignets à la tête du lit.
Elle n’en gardait pas un souvenir traumatisant.
Quelque peu amusant même...
Enfin...

A suivre...

A vos coms !...
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nonobound
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comme lien j'adore les menottes, le froid au début j'adore, et le fait de se dire que sans la clé on ne peut rien faire
Ce que je déteste : ce que je déteste je ne sais pas encore en fait, vu que je n'ai que très peu d'expérience
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Re: Les sacrés liens du mariage [ Récit ]

Message par nonobound » 25 mai 2016, 04:04

voilà un début d'histoire amusante et qui à mon goût ressemblerai beaucoup à ce qui arriverait en vrai, affaire à suivre

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Mad Hatter
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Re: Les sacrés liens du mariage [ Récit ]

Message par Mad Hatter » 28 mai 2016, 11:29

C'est une réaction tout à fait plausible avec la dédramatisation à la fin. Je me demande comment ça va se décanter.
De l'Ordre nait le Chaos.
Ou est-ce l'inverse ?
Jervis Tetch dans L'asile d'Arkham


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les synonymes de fou sont intéressants

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