A Fleur De Peau

Œuvres des membres (textes, histoires, dessins, photos...) Rappel du règlement du forum: Interdiction de publier des récits dessins photos etc...mettant en scène des mineurs.
Règles du forum
Vous devez être majeur pour parcourir le forum. Lire également les règles du forum.
Avatar de l’utilisateur
dark gentleman
Fana de JdL
Messages : 305
Inscription : 10 août 2013, 12:24
Pratique : Oui

A Fleur De Peau

Message par dark gentleman »

Chapitre 1

-Mademoiselle, je vous enlève. Avait-il dit.
-Pa... Pardon. Avait-elle bégayé, se demandant si elle avait bien entendu.
-Je vous enlève. Mon taxi vient d'arriver, quittons au plus vite cet endroit. Tous ces gens sont aussi ennuyeux qu'agaçants.
Elle avait hésité, un court et bref instant.
-C'est que... Et puis non, vous avez raison, tous ces gens sont horripilants et la vie est bien trop courte pour leur accorder plus longtemps notre attention. Avait-elle répondu avant d'aller chercher son sac.
Et elle l'avait suivi, dehors, dans le taxi, et enfin dans son appartement. Un magnifique loft, situé au dernier étage d'un immeuble du XIXème, et dont la vue était splendide.

-Je vous sers un dernier verre ?
-Oui, avec plaisir...
Son regard s'était illuminé. Elle ne connaissait cet homme que depuis quelques heures, et pourtant... Ses yeux, ses paroles, ses manières... Elle n'aurait su dire. Mais elle avait littéralement succombé à son charme, et, à présent, elle était assise à côté de lui au milieu de son salon, tenant un verre de vin dans sa main.
-Je...
Il venait de poser ses lèvres sur les siennes.
-Je...
-Chut... Dit-il avant de l'embrasser de nouveau.
Et elle s'abandonna, à sa bouche, à ses mains, à son corps... Elle avait choisi d'être à lui, pour la nuit.

-Qu'est ce qu'il y a derrière ? Demanda-t-elle en émergeant de ses draps.
-Quoi donc ?
Elle pointa du doigt un rideau rouge que les rayons du soleil éclairaient par les interstices des volets.
-C'est en quelque sorte un accessoire, un gadget...
-De quel genre ?
-Tire le rideau, tu verras bien.
-C'est que je...
Il hocha la tête et l'invita d'un signe de main à aller voir. Alors elle se leva. Elle était entièrement nue mais cela ne la dérangeait pas. Puis, d'un geste fébrile elle tira sur la tenture. Derrière, adossé contre le mur, se dressait un cadre en bois constitué de deux solides poutres qui se croisaient en forme de X. Des lanières en cuir étaient fixées à ses quatre extrémités. Deux pour les poignets, deux pour les chevilles.
-C'est bien ce à quoi je pense ? Dit-elle en reculant d'un pas.
-C'est bien ce à quoi tu penses. Répondit-il avec aplomb.
-P... Pourquoi ?
-Certaines femmes apprécient la sensation de contrainte, la soumission...
Elle frissonna brusquement en entendant ces mots.
-Elles aiment être attachées, exposées, offertes...
-Je...
Il se leva à son tour du lit. Lentement, calmement, il s'approchait d'elle.
-La peur, la honte, l'interdit...
Doucement elle reculait vers le mur, vers la croix.
-Mais je...
Il posa une nouvelle fois ses lèvres sur les siennes.
-Il n'y a aucune obligation. Il n'y a que deux adultes, deux amants, fougueux et passionnés, qui cherchent l'extase...
-Oh...
-Le plaisir...
-Continue...
Elle était maintenant adossée contre le cadre en bois.
-La luxure...
Ses bras étaient désormais plaqués le long des poutres.
-La volupté...
Délicatement il referma les sangles autour de ses poignets...
-La jouissance...
Et de ses chevilles.

-Je... Je suis entièrement nue, et solidement attachée...
-Oui, écartelée même.
Écartelée.
Quelque chose venait de se briser en elle. Le doute, la peur, l'appréhension. Elle ne pouvait plus reculer. Elle ne pouvait plus bouger. Elle frissonnait. Le froid, l'angoisse, le désir, l'excitation. Elle était troublée, terriblement troublée.
Soudain il l'embrassa. Langoureuse elle lui rendit alors son baiser, mais d'un geste vif il recula sa bouche.
-Je...
Elle ne savait pas quoi dire.
-Chut... Dit-il d'une voix chaude avant de poser de nouveau ses lèvres sur les siennes.
Mais il les retira aussitôt, en dépit des efforts de sa douce captive pour lui rendre son baiser. Ses liens étaient solides et malgré son désir, son envie, elle ne pouvait pas approcher ses lèvres suffisamment près des siennes.
-Mais...
-C'est là tout le charme du jeu... La frustration. Clama-t-il en caressant délicatement l'intérieur de ses cuisses.
-Oh...
Ses muscles se contractaient, sa peau se tendait, mais elle ne pouvait pas bouger, elle ne pouvait pas le toucher.
-L'art de maintenir une femme dans un degré d'excitation tel qu'elle en devient folle, qu'elle en devient brulante de désir et d'appétit... Un appétit que je ne comblerai... Que quand je l'aurai décidé.
-Oh... Gémit-elle en vacillant sous l'action de ses doigts.
-La quête du plaisir est à ce prix. Termina-t-il en faisant glisser sa langue sur la pointe de ses seins.

Sa peau se tendit alors un peu plus. Ses muscles se contractèrent davantage, malgré ses liens, ses entraves. Elle n'avait plus la force de parler, plus le courage de résister. Elle n'était plus qu'une créature lubrique, avide de plaisir et écartelée sur une croix.
La peur, la honte, l'interdit.
Attachée, exposée, offerte.
La contrainte, la soumission.

Elle ne faisait plus qu'un avec lui, avec ses mains, avec sa bouche.
-Oh...
Sa langue venait de descendre un peu plus bas.
-Oui...
Son bassin se cambra. De fines gouttes de sueur perlèrent le long de sa nuque. Elle tremblait littéralement d'excitation. Elle était aux portes de la jouissance, de l'orgasme... Et brusquement il s'arrêta.
La frustration.
-Non, je t'en prie, continue...
Mais il scella ses protestations d'un baiser avant de la regarder droit dans les yeux. Elle ne succomberait au plaisir que quand il l'aurait décidé.

A suivre...

Avatar de l’utilisateur
Bouya2
Résident(e) de JdL
Messages : 725
Inscription : 02 août 2013, 18:19
Pratique : Oui
Ligoté(e) :
Ce que j'adore : LE CHOCOLAT
Ainsi que la littérature, l'escrime, les chats.
Et je suis historien amateur (qui vise le grade professionnel)
Et bien sûr, les bondagettes ;)
Ce que je déteste : Les fruits de mer

Re: A Fleur De Peau

Message par Bouya2 »

Hé ! C'est très bien ton histoire ! Comme presque toujours d'ailleurs ;)
J'ai l'impression que ton style a légèrement été modifié, par rapport à la dernière histoire que tu as posté (et au dernier brouillon que tu m'as envoyé). En tout cas, c'est toujours vraiment très beau à lire et très prenant.
Et puis, tu as fait une superbe entrée en matière.
Vivement la suite !
En Art le Progrès n'existe pas. L'Art évolue.

Avatar de l’utilisateur
Mad Hatter
JdL, c'est ma vie
Messages : 1442
Inscription : 19 juil. 2013, 17:25
Ce que j'adore : Le jeu d'acteur, les bandes dessinées, les nouvelles, les ballades en vélo, l'histoire
Ce que je déteste : Le manque de respect envers autrui, les bettraves, les chiens quand ils veulent jouer avec les cyclistes ;p

Re: A Fleur De Peau

Message par Mad Hatter »

une histoire du sombre gentilhomme :-)
avec une femme sur une croix de saint André :)
le baiser en guise de baillon :mrgreen:

http://www.youtube.com/watch?v=NojK7ijQew4
De l'Ordre nait le Chaos.
Ou est-ce l'inverse ?
Jervis Tetch dans L'asile d'Arkham


Image
les synonymes de fou sont intéressants

Avatar de l’utilisateur
Emma
JdL, c'est ma vie
Messages : 1525
Inscription : 28 oct. 2012, 11:52
Ligoté(e) :
Ce que j'adore : Les cordes en chanvre, et en jute, (et même en polypropylène!) être attachée et ne plus pouvoir bouger dans les liens, être à la merci de mon bondageur qui prend plaisir à jouer avec moi
j aime les bons chocolats, le tiramisu, le beaume de Venise
Rire lire et écrire
Ce que je déteste : les obsédés, les curieux mal intentionnés, les trolls, les prétentieux et les pédants
le bâillon, les épinards, le fromage qui ne sent pas bon

Re: A Fleur De Peau

Message par Emma »

Ca c'est captivant ! Et la suite quand tu l'auras décidé, je suppose ... ! :bave:
:gagged: :bandeau: L'art si attachant du bondage :bandeau: :gagged:

Avatar de l’utilisateur
dark gentleman
Fana de JdL
Messages : 305
Inscription : 10 août 2013, 12:24
Pratique : Oui

Re: A Fleur De Peau

Message par dark gentleman »

Merci pour tous vos encouragements. Je vous livre le second chapitre, à la fois parce que je l'ai décidé... Mais surtout parce ce que j'ai eu le temps de l'écrire ;)
Bonne lecture à toutes et à tous.

Chapitre 2

Il l'avait fait jouir. Après une attente interminable, un véritable supplice, il avait définitivement placé ses mains au creux de ses reins et joué de sa langue au fond de son être. Elle avait crié, supplié, hurlé de plaisir, le corps littéralement en transe. Elle s'était cambrée, tortillée, trémoussée comme une furie sous son joug. Et puis il l'avait détachée...

-Je n'avais jamais vécu quelque chose d'aussi...
Elle cherchait ses mots.
-Intense ?
-Oui, c'est cela, intense.
Ils étaient de nouveau allongés sur son lit, leurs corps fiévreux délicatement enlacés.
-Tu n'avais jamais été attachée avant aujourd'hui ? Demanda-t-il, curieux.
-Non... Enfin oui... Mais pas comme cela... Juste un foulard à la tête de lit...
-C'est déjà un bon début...
-Justement, ce n'était qu'un début, une expérience sans lendemain. Tandis que cette chose...
Elle pointa la croix du doigt.
-… Cette chose est une véritable merveille. Impossible de bouger malgré le plaisir que tu m'as donné.
-C'est le principe.
-C'est si puissant que je...
Elle s'arrêta, n'osant exprimer son désir, n'osant dire le mot qui rendrait tout ceci réel.
-Que tu serais prête à recommencer ?
-Je... Je...
Sa voix était fébrile, tremblante même.
-Il n'y a pas de honte, pas d'interdit. Répondit-il en la caressant.
-Je...
Il l'embrassa fugacement.
-Alors je te propose une chose. Aujourd'hui tu vas rentrer chez toi pour te reposer calmement. Tu vas laisser la pression retomber et reprendre doucement tes esprits. Et si...
-Si quoi ? Demanda-t-elle les yeux pétillants.
-Et si demain soir tu le désires encore. Si demain soir tu as toujours envie de toutes ces choses, ces vilaines choses, et que tu es prête à entrer dans l'univers qui est le mien...
Elle buvait littéralement ses mots.
-… Alors je t'attendrai ici. Termina-t-il en posant une dernière fois ses lèvres sur les siennes.

Elle était rentrée chez elle les sens encore à fleur de peau. Elle était troublée par son aventure, par cet homme et le monde qu'il lui offrait.
La contrainte, la soumission.
Elle était tiraillée entre la peur et l'envie, entre le doute et le désir. Impossible de se relaxer, impensable de songer à autre chose.
Attachée, exposée, offerte.
Elle s'imaginait sans cesse nue, écartelée, les sangles de cuir mordant sa peau, la langue de son amant s'insinuant lentement entre ses cuisses. Et sans cesse elle se touchait, elle se caressait, malgré elle, en dépit de toute retenue. Elle était désormais sa prisonnière. La prisonnière de cet homme qui occupait son esprit, ses pensées les plus intimes. Mais elle ne voulait pas recommencer. Elle voulait bien plus que recommencer. Elle souhaitait pénétrer corps et âme dans son univers.
La peur, la honte, l'interdit.
Elle voulait y prendre tout ce qu'il avait à lui offrir.
La jouissance suprême.
Et brusquement elle se rendit compte d'une chose. Malgré elle ses doigts s'étaient posés sur son petit vibromasseur, et elle comprit que désormais plus rien ne serait comme avant.

-Bonsoir. Lui dit-il en lui ouvrant la porte de son appartement.
-Bonsoir. Répondit-elle fébrile.
-Je t'en prie, entre.
Ses jambes étaient flageolantes. Une part d'elle la poussait à entrer, l'autre à s'enfuir le plus vite possible, le plus loin possible de cet homme. Mais elle entra, gagnée par le délicieux frisson de l'excitation.
-Pose ton sac et ton manteau ici. Tu bois quelque chose ?
-Bien sûr.
Elle le suivit ensuite dans son salon. La petite table était garnie de divers petits fours et de deux verres de vin. Cependant ni les uns ni les autres ne subirent les assauts des deux amants qui, d'une étreinte passionnée, s'embrassèrent longuement sur le sofa avant de se diriger vers la chambre.

La croix. Elle y était adossée, elle y était fermement attachée. Il lui faisait face, sans le moindre geste, sans le moindre mot. Il lui laissait le temps d'éprouver ses liens, de ressentir pleinement son impuissance, sa vulnérabilité. Elle ne pouvait plus s'enfuir. Les sangles étaient solides, très solides. Bien trop solides pour espérer un quelconque relâchement, une possibilité, aussi infime soit elle, de libérer ne serait-ce qu'un bras. Elle était prisonnière, et cela l'excitait, terriblement.
Puis, toujours sans un mot, il s'avança vers elle. Sa douce captive. Il tenait quelque chose entre ses doigts. Une petite sangle en cuir surmontée d'une boule rouge.
-C'est ? Demanda-t-elle d'une voix tremblante.
-Un bâillon. Un bâillon boule. Expliqua-t-il.
-Tu vas me...
-Oui. Répondit-il.
-Pour... Pourquoi ?
-Afin que tu puisses définitivement lâcher prise...
Un frisson parcourut ses épaules.
-En te privant de la parole je t'ôte toute possibilité de crier, de hurler. Tu n'as plus la moindre prise sur les événements, tu peux uniquement te concentrer sur ton ressenti, sur ton désir, sur ton plaisir...
Sa voix était douce et envoutante.
-Tu n'as plus le loisir de parler. Tu n'as que le loisir de subir mes caresses sur ton corps écartelé, sur ta peau nue et frémissante...
-N'en dis pas plus...
Elle le regarda droit dans les yeux, exprimant par son silence la confiance qu'elle lui accordait et l'immense cadeau qu'elle lui offrait. Il posa alors une dernière fois ses lèvres sur les siennes, puis, d'un geste doux et attentionné, il fit pénétrer la petite boule rouge entre ses dents. Il la dévisagea à son tour pour chercher quelque gêne, quelque malaise dans son regard, mais il n'y vit qu'ardeur et convoitise. Il pouvait désormais boucler la petite sangle au creux de sa nuque.
-Mmmh... Gémit-elle tandis qu'un éclair illuminait ses yeux.
-Chut... Dit-il d'une voix sensuelle en posant un doigt sur son bâillon. Dorénavant tu n'as plus aucun contrôle, tu ne peux plus reculer.
Mais elle ne voulait plus reculer. Elle ne souhaitait que saisir ce qu'il avait à lui offrir.
Excitation et frustration.
-Mmmh...
Il venait de poser sa main entre ses seins et elle sentait cette douce et délicieuse chaleur monter en elle. Le désir, le plaisir. Ses doigts sur sa peau, son regard plongé dans le sien, elle était au septième ciel. Cet homme savait y faire. Il prenait son temps, tout son temps. La température grimpait lentement, à mesure que ses mains parcouraient sa peau nue et gorgée de sueur.
Elle subissait en silence. La boule rouge obstruant sa bouche pour étouffer ses cris, elle avait le loisir de se laisser aller, de laisser échapper tantôt un râle, tantôt un soupir. Il jouait avec elle, ses caresses se faisant plus intenses pour mieux s'espacer ensuite. Il la rendait folle en plongeant longuement sa langue au creux de ses cuisses avant de la retirer brusquement.
-Mmmh...
Elle était aux portes de la jouissance et cela sans jamais l'atteindre. Elle était attachée, muselée, frustrée. Elle était incapable de penser à autre chose que cet orgasme si proche, et pourtant si loin. Elle ne pouvait plus bouger, plus parler, plus crier, et elle ne pouvait pas encore savourer ce plaisir qu'il ne lui restait plus qu'à cueillir.
La contrainte, la soumission.
Elle devait abandonner toute volonté, toute idée d'avoir une quelconque emprise, un quelconque pouvoir. Elle ne pouvait que subir. Ses mains sur sa peau, sa langue sur son corps. Elle contractait ses muscles malgré les sangles, elle hurlait tantôt de plaisir, tantôt de frustration dans son bâillon. Elle voulait qu'il la fasse jouir, elle voulait qu'il la détache. Tout plutôt que cet interminable tourment qui la rendait folle de désir et de rage. Tout plutôt que cet infernal supplice dans lequel il l'avait plongée corps et âme. Tout plutôt que cet insupportable châtiment duquel, une fois libérée, elle n'aurait de cesse de penser, de songer, de fantasmer, en ne rêvant que d'y retourner.

A suivre...

Avatar de l’utilisateur
Mad Hatter
JdL, c'est ma vie
Messages : 1442
Inscription : 19 juil. 2013, 17:25
Ce que j'adore : Le jeu d'acteur, les bandes dessinées, les nouvelles, les ballades en vélo, l'histoire
Ce que je déteste : Le manque de respect envers autrui, les bettraves, les chiens quand ils veulent jouer avec les cyclistes ;p

Re: A Fleur De Peau

Message par Mad Hatter »

:miam: :admire:
dark gentleman a écrit :A suivre...
:inconscient:
"Le commencement c'est la fin" Nietzsche :boufon:
De l'Ordre nait le Chaos.
Ou est-ce l'inverse ?
Jervis Tetch dans L'asile d'Arkham


Image
les synonymes de fou sont intéressants

Avatar de l’utilisateur
dark gentleman
Fana de JdL
Messages : 305
Inscription : 10 août 2013, 12:24
Pratique : Oui

Re: A Fleur De Peau

Message par dark gentleman »

Chapitre 3

Il la détacha. Brusquement, sans un mot, il défit les sangles qui entravaient ses chevilles et ses poignets avant de ôter la petite boule rouge qui obstruait sa bouche.
Mais elle n'avait pas joui.
Elle était littéralement furieuse. Il l'avait attachée pour mieux la frustrer, et elle n'en pouvait plus. Son corps n'était plus qu'un brasier ardent qui n'attendait que d'exploser de plaisir.
Elle voulait plus... Bien plus.
Et lui, il souriait. Il restait calme. Il semblait prêt à encaisser sa furie, tranquillement assis sur son lit. Alors elle bondit sur lui.
Il ne l'avait pas fait jouir.
Mais d'un geste il l'esquiva pour mieux la plaquer sur sa couche. Il attrapa ensuite violemment ses cheveux et il lui donna une claque sur les fesses.
-Aie... Gémit-elle.
-Du calme. Chuchota-t-il d'une voix ténébreuse au creux de son oreille. La patience est la mère de toutes les vertus.
-Je ne comprends pas...
Il insinua alors lentement sa main libre entre ses cuisses, l'autre agrippant toujours fermement sa longue crinière.
-Je ne... Je ne sais plus où j'en suis...
-C'est normal...
Elle était perdue, entre ses bras, au milieu de ses draps. Elle ne savait plus où elle se trouvait. Il n'y avait plus que sa main plongée dans ses cheveux, sa langue plongée dans sa nuque, son sexe plongé dans le plus profond de son être. Elle n'en pouvait plus. C'était trop, beaucoup trop. Sa chair était marquée aussi bien par les liens que par le vertige de l'ivresse. Elle était en nage, la peau couverte de sueur. Elle était en transe, le corps submergé de sensations sans cesse plus vives, sans cesse plus intenses.
L'orgasme.
Elle gémit brutalement. Ses muscles étaient parcourus de tremblements, de spasmes incontrôlables. Il l'avait frustrée pour mieux la faire jouir. Il l'avait dominée pour mieux la conquérir. Elle n'était plus qu'une créature fiévreuse dont les envies avaient été assouvies bien au delà de toute espérance. Désormais elle était à lui. Elle était à sa merci. A la merci des plaisirs qu'il lui procurerait, quelques soient les chemins qu'il prendrait pour cela.

Un peu plus tard il l'attacha de nouveau, mais sur son lit. Il avait sorti de longues cordes blanches d'une malle dissimulée au fond d'un placard et il avait proposé de la ligoter. Évidement elle avait accepté et les cordes s'étaient alors abattues sur son corps. Coudes et poignets solidement liés dans son dos, chevilles fermement liées l'une à l'autre, une dernière corde pour relier le tout, elle ne pouvait presque plus bouger. Alors elle restait allongée sur un côté, tantôt éprouvant ses liens, tantôt se languissant de son amant. Puis, d'un coup, par réflexe plus que par envie, elle se retournait, cherchant malgré elle une position plus confortable, mais qui malheureusement demeurait hors d'atteinte. La corde qui reliait ses chevilles et ses poignets était trop tendue pour pouvoir replier ses jambes, trop tendue pour espérer mieux que se tortiller comme une anguille au milieu du lit.
Et il l'avait laissée.
Il l'avait abandonnée à ses liens pour se concentrer sur sa cuisine, sur la préparation de ce délicieux repas dont le fumet enflammait déjà ses papilles. Mais il la regardait. Il ne perdait pas une miette du spectacle qu'elle lui offrait. Nue et attachée. Impuissante et vulnérable. Cela devait être pour lui aussi un véritable supplice. Retenir ses pulsions, ne pas la toucher, ne pas la caresser, ne pas...
Elle soupira, un peu plus fort. Juste ce qu'il fallait pour attirer son attention. Elle plongea ses yeux dans son regard pour y lire cette tentation qui le dévorait, qui le consumait. Malgré ses liens elle avait du pouvoir. Un immense pouvoir.
La tentatrice.
Mais il résistait. Il était fort lui aussi et elle ne pouvait pas bouger, pas le toucher. Elle était fermement attachée, les cordes mordillant sa peau nue et cambrant son corps de toutes leurs forces. Elle était impuissante, incapable de s'échapper, et ce ne serait que lorsqu'il l'aurait décidé qu'il la libérerait. Elle n'avait d'autre choix que de s'abandonner à la douce étreinte de ses liens et à la douce chaleur de son lit. Elle n'avait d'autre choix que de se détendre et d'attendre. Attendre le bon vouloir de cet homme... Ou bien tout simplement que le repas soit prêt.

A la fin de la journée elle était rentrée chez elle après qu'ils aient fait l'amour une dernière fois à même la table de la cuisine, brutalement et passionnément. Sa peau était encore couverte de marques qu'elle avait difficilement dissimulées sous sa robe pendant le trajet. Les marques de ses liens, les marques de son plaisir. Une bonne douche chaude effacerait rapidement les premières tandis que les secondes resteraient encore longtemps gravées dans son esprit.
Les sangles, le bâillon, la fessée.
Elle frissonnait, elle frémissait. Mais elle devrait attendre. La vie reprenait son cours, morne et ennuyeuse. Ce weekend si intense touchait à sa fin et elle ne pourrait pas revoir son ténébreux amant pendant la semaine.
Une semaine entière sans lui.
Elle ne le connaissait que depuis quelques jours et cela lui paraissait déjà insurmontable. Et puis brusquement elle eut une idée... Une idée aussi coquine que délicieuse... Une idée qui lui permettrait de supporter cette longue abstinence, car le weekend suivant promettait d'être très excitant.

Avatar de l’utilisateur
Mad Hatter
JdL, c'est ma vie
Messages : 1442
Inscription : 19 juil. 2013, 17:25
Ce que j'adore : Le jeu d'acteur, les bandes dessinées, les nouvelles, les ballades en vélo, l'histoire
Ce que je déteste : Le manque de respect envers autrui, les bettraves, les chiens quand ils veulent jouer avec les cyclistes ;p

Re: A Fleur De Peau

Message par Mad Hatter »

:sage: :bravo:
De l'Ordre nait le Chaos.
Ou est-ce l'inverse ?
Jervis Tetch dans L'asile d'Arkham


Image
les synonymes de fou sont intéressants

Avatar de l’utilisateur
Emma
JdL, c'est ma vie
Messages : 1525
Inscription : 28 oct. 2012, 11:52
Ligoté(e) :
Ce que j'adore : Les cordes en chanvre, et en jute, (et même en polypropylène!) être attachée et ne plus pouvoir bouger dans les liens, être à la merci de mon bondageur qui prend plaisir à jouer avec moi
j aime les bons chocolats, le tiramisu, le beaume de Venise
Rire lire et écrire
Ce que je déteste : les obsédés, les curieux mal intentionnés, les trolls, les prétentieux et les pédants
le bâillon, les épinards, le fromage qui ne sent pas bon

Re: A Fleur De Peau

Message par Emma »

Toujours aussi agréable de te lire. :)
:gagged: :bandeau: L'art si attachant du bondage :bandeau: :gagged:

Avatar de l’utilisateur
dark gentleman
Fana de JdL
Messages : 305
Inscription : 10 août 2013, 12:24
Pratique : Oui

Re: A Fleur De Peau

Message par dark gentleman »

Merci pour vos encouragements :-) Pour vous récompenser voici la suite :

Chapitre 4

-Mais tu es...
-Toute nue sous mon manteau. Répondit-elle le sourire aux lèvres.
Elle s'approcha ensuite de lui.
-Cela t'excite ?
-Terriblement. Et toi ? Devoir traverser la ville sans que quiconque ne le remarque, cela doit être si intense.
-Effectivement... Surtout si comme aujourd'hui il y a quelques rafales de vent...
Il s'avança alors lentement vers elle pour défaire la ceinture de sa gabardine.
-Tu pourrais te faire arrêter pour cela...
-Je sais...
-Exhibition sur la voie publique...
-Ce serait terrible...
-On devrait te passer les menottes. Dit-il en ôtant définitivement son manteau.
-C'est un risque à courir...
-Et qui sait si un vilain policier n'en profiterait pas pour...
-Me toucher...
Il posa ses mains sur sa peau.
-Me caresser...
Ses doigts se refermèrent sur ses seins.
-Abuser de moi...
Alors il l'embrassa passionnément.

Quelques instants plus tard elle était de nouveau adossée à la croix. Boucle après boucle, sangle après sangle, il attachait ses membres aux quatre extrémités.
-C'est un peu plus tendu que la dernière fois, non ? Demanda-t-elle un peu anxieuse après avoir constaté qu'elle était maintenue sur la pointe des pieds.
-Tout juste. Dit-il en effleurant son ventre du bout des doigts.
-Pourquoi ?
-Plus de contrainte. Tu ne dois pas pouvoir bouger le moindre petit doigt, le moindre muscle...
Il approcha doucement la boule rouge de sa bouche.
-Je... Je...
-C'est normal d'avoir un peu d'appréhension...
-C'est si tendu... Je ne...
-Chut...
Il posa ses lèvres sur les siennes.
-Tu en es capable, je te rassure. Dit-il en plongeant son regard dans le sien.
-Je te fais confiance...
Alors il fit pénétrer le bâillon entre ses dents.
-Mmmh... Gémit-elle en s'abandonnant à lui corps et âme.
Et délicatement, il joua de sa langue sur la pointe de ses seins pendant de longues, très longues minutes. Elle ne pouvait pas bouger, pas parler. Ses muscles étaient contractés, ses pieds n'effleuraient qu'à peine le sol. Sa position était précaire et sa posture impudique. Son corps était tendu de tout son long et ses membres étaient fermement écartelés sur cette croix.

Elle souffla un peu plus fort dans son bâillon. Il venait de mordiller le bout de ses seins. Non, pas ça. C'était trop. Cette petite douleur la rendait folle. Elle ne pouvait pas remuer, pas reculer. Elle ne pouvait absolument rien faire contre lui, contre ses dents qui s'acharnaient tendrement sur sa chair.
-Mmmh...
Il venait de s'attaquer à son autre téton. Elle était impuissante. Elle était littéralement à sa merci. A la merci de ses dents sur ses seins, et de ses mains sur son sexe.
-Mmmh...
Ce n'était que douleur et plaisir. Et elle ne pouvait rien faire pour se soustraire à ce châtiment qui meurtrissait sa peau et qui inondait de désir ses entrailles. Elle avait mal, délicieusement mal. Elle avait les sens en ébullition sous le joug de cet homme. Mais les sangles étaient solides car elle tirait dessus de toutes ses forces et elles ne bougeaient pas, elles ne la relâchaient pas...

Puis, tout à coup, il l'abandonna un court instant avant de revenir avec un petit bol qu'il tendit lentement sous ses yeux.
Un glaçon !
-Mmmh... Gémit-elle.
-Du calme... Dit-il en caressant délicatement ses cheveux.
Elle respirait de façon saccadée. Elle avait peur, elle était excitée. Elle n'avait pas d'autre choix que de subir. Subir la brûlure du froid sur sa peau, sur ses tétons endoloris. Elle tirait de toutes ses forces sur ses liens, elle hurlait dans son bâillon. C'était terriblement froid.
-Mmmh...
-Du calme...
Il effleurait toujours le bout de ses seins avec son glaçon dont les fines gouttes coulaient à présent sur son ventre et sur ses cuisses. Elle n'en pouvait plus mais il continua jusqu'à ce que le glaçon ait entièrement fondu.
-Voilà. Ce n'était pas si terrible en fin de compte ?
-Mmmh... Rumina-t-elle les yeux exorbités.
Elle était furieuse.
-Mmmh...
Il venait de poser ses doigts sur son sexe et il la caressait lentement pour la maintenir excitée.
Furieuse et excitée.
Alors il sortit de la poche de sa chemise une paire de pinces métalliques reliées par une petite chaînette.
-Mmmh...
Elle voulait reculer, elle voulait s'échapper. Malheureusement ses liens demeuraient toujours aussi solides. Et puis son autre main était toujours posée sur son sexe. Et pour rien au monde elle n'aurait voulu qu'il la retire.
Douleur et plaisir.
Il referma les deux pinces sur ses tétons et elle ne sentit presque rien. Le froid. Il avait anesthésié sa peau.
-Tu vois, ce n'est pas si douloureux... Pour l'instant.
-Mmmh...
Elle venait de comprendre. En se réchauffant son corps retrouverait lentement toutes ses sensations et elle aurait mal... De plus en plus mal. Un supplice atroce.

Il la dévisagea alors calmement. Elle avait peur de lui, de ce qu'il pouvait lui faire. Mais il n'y avait aucune cruauté dans ses yeux, aucun rictus sur ses lèvres. Il se contentait juste de caresser sensuellement ses cheveux, sa nuque, son ventre, ses jambes. Puis, lentement, il vint poser sa langue entre ses cuisses. Ses muscles étaient tendus, et elle ne pouvait que subir.
Ses pinces sur ses seins, sa langue sur son sexe.
La douleur montait, le plaisir augmentait. Elle avait de plus en plus mal. Sa bouche était de plus en plus pressante. Elle ne pouvait ni bouger ni crier. Elle n'avait d'autre choix que de s'abandonner aux pinces et à sa langue. Elle n'avait d'autre choix que d'affronter la douleur pour apprécier le plaisir. C'était trop, bien trop intense pour elle. Elle ne savait plus par quelle folie elle s'était laissée attachée par cet homme. Elle ne savait plus pour quelle raison elle avait douté de lui. Elle était littéralement perdue entre souffrance et volupté. Son corps se consumait sous la douleur et le plaisir. Elle était en enfer, elle était au paradis. Impossible de se soustraire à cette croix, à ce bâillon, à ces pinces, et à cette langue... Cette langue si puissante qu'elle en chavirait de bonheur malgré le tourment qui déchirait ses entrailles. Elle avait de plus en plus mal, elle était de plus en plus proche de l'orgasme. Non. Elle était furieuse, elle était comblée. Elle ne savait plus si elle devait le détester ou si elle devait le remercier.

Mais lorsque brutalement les affres de la jouissance l'emportèrent, elle eut finalement la réponse à sa question.


A suivre...

Répondre