Justine
Publié : 28 déc. 2014, 02:49
En ouvrant la porte de l'atelier , des odeurs mélangées de térébenthine , de cire et de poussière de bois l'embaumèrent . Au fond , dans un espace retranché , le tintement de ce qui semblait être une machine à coudre donnait la mesure du temps. Justine attendit que l'on vint l'accueillir , en passant les doigts sur les étoffes qui s'étalaient sur les présentoirs . Les velours avaient sa préférence , mais les jacquards , et les taffetas, attiraient également ses doigts comme des aimants . Elle ne pouvait s'empêcher de laisser défiler devant eux la multitude des tissages comme on laisse le paysage se créer devant soi confortablement installé dans le compartiment d'un express. Du creux de la paume , sa mains frôlait les étoffes neuves et chatoyantes , alors qu'en songe , c'est de son corps tout entier qu'elle aurait aimé voir se repaître de ces caresses . La machine cessa de fonctionner , puis une silhouette apparu dans une embrasure du fond de l'atelier . Une voix grave et charnue annonça : « c'est pour quoi ? »un homme apparut alors . Il était trapu , avec des mains épaisses , de gros sourcils , et un regard noir . Justine sursauta , plus par le fait d'avoir été prise en faute , que par la voix .
« - Bonjour , j'aimerais faire une surprise à ma grand-mère , et faire rénover un vieux meuble de famille … j'ai une photo , ici ..
- Montrez voir .. hum ...un voltaire … dans la pure tradition Louis Philippe … il est d'époque ?
- A vrai dire je ne sais pas …. mais ma grand-mère y tient beaucoup ….
- Amenez le moi et je verrai ce que je peux faire ... »
Le lendemain , Justine se présenta à nouveau devant l'atelier . Ayant eu quelques difficultés à sortir seule le fauteuil de son véhicule , elle soulevait la pièce de toutes ses forces pour ne pas l'abîmer , avant de le laisser choir devant la porte de l'atelier .
Le tapissier arriva en renfort et n'eut aucune difficulté à soulever le meuble , et à l’entraîner avec Justine au fond de son atelier . Après une longue auscultation sous tous les angles , il prononça son verdict
« c'est bien un meuble d'époque . assez bien conservé pour son âge . Faudra sans doute changer une pièce ou deux . Refaire une entretoise ici , par exemple , et surtout le rembourrage et tous les tissus …
- combien de temps cela prendra t'il ?
- Alors là ma p'tite dame … ça va dépendre …je dirais trois semaines , pas plus ...
- C'est que j'aurais voulu lui offrir rapidement …
- je comprends bien , mais mon apprenti s'est cassé une jambe aux sports d'hivers , et je ne le reverrai pas avant un mois
- n'y a-t-il pas moyen de faire avancer un peu les choses ?
- désolé ma p'tite dame , mais j'ai des chantiers en cours tous aussi urgents les uns que les autres ? Peux pas aller plus vite …
et si … je pouvais vous donner un peu de temps , pour tenter de remplacer votre apprenti ?
Vous ? Vous y connaissez quelque chose en tapisserie ?
Heu a vrai dire non …. mais je peux apprendre …
un peu d'aide serait pas de refus , mais je vous préviens , c'est pas parce que vous êtes une cliente qu'il va falloir traîner ..."
le lendemain , Justine se rendit à l'atelier , pour y travailler cette fois ci .
" je vous ai prévu une petite séance de décapage . Il faut entièrement enlever le vernis de cette commode avant de le refaire , vous avez du pain sur la planche "
Une matinée ennuyeuse pour Justine , qui dut lessiver , frotter brosser , poncer la commode sous toutes ses coutures , mais elle se prêta à la discipline de bon cœur pourvu que la restauration du siège de sa grand-mère avance . Vous l'avez deviné , ce n'était pas la seule raison . Une autre raison qui la guidait était de se sentir proche des tissus dans lesquels elle pouvait à tout instant ensevelir ses mains et se laisser abandonner aux sensation de plaisir qui en découlaient .
A chaque pause, prétextant le choix du tissu pour le fauteuil , elle s'approchait de l'étalage , et parcourait du bout des doigts les étoffes . Le tapissier la regardait faire du coin de l’œil , esquissant un sourire par moments , bien que son air bourru n'y fut que très rarement habitué …
" - je suis désolée " furent les mots qu'elle prononça pour s'excuser d'une bourde qu'elle venait de faire . Un goutte de décapant venait de tomber sur un tissu de grande qualité . Le tapissier semblait furieux son regard était encore plus noir que d'habitude . Ses lèvres pincées exprimaient la colère . Ses mains épaisses s'abattirent sur Justine , la prirent par les épaules , et la retournèrent . Se saisissant de ses poignets , comme de brindilles fragiles , il les plia dans le dos , et à l'aide de quelques cordages , les lia entre elles avant d'asseoir Justine sur un tabouret face à lui .
« dorénavant vous passerez vos pauses comme ceci , interdiction absolue de toucher le moindre voilage, et je ne vous détacherai que pour retourner au travail ! »
« - Bonjour , j'aimerais faire une surprise à ma grand-mère , et faire rénover un vieux meuble de famille … j'ai une photo , ici ..
- Montrez voir .. hum ...un voltaire … dans la pure tradition Louis Philippe … il est d'époque ?
- A vrai dire je ne sais pas …. mais ma grand-mère y tient beaucoup ….
- Amenez le moi et je verrai ce que je peux faire ... »
Le lendemain , Justine se présenta à nouveau devant l'atelier . Ayant eu quelques difficultés à sortir seule le fauteuil de son véhicule , elle soulevait la pièce de toutes ses forces pour ne pas l'abîmer , avant de le laisser choir devant la porte de l'atelier .
Le tapissier arriva en renfort et n'eut aucune difficulté à soulever le meuble , et à l’entraîner avec Justine au fond de son atelier . Après une longue auscultation sous tous les angles , il prononça son verdict
« c'est bien un meuble d'époque . assez bien conservé pour son âge . Faudra sans doute changer une pièce ou deux . Refaire une entretoise ici , par exemple , et surtout le rembourrage et tous les tissus …
- combien de temps cela prendra t'il ?
- Alors là ma p'tite dame … ça va dépendre …je dirais trois semaines , pas plus ...
- C'est que j'aurais voulu lui offrir rapidement …
- je comprends bien , mais mon apprenti s'est cassé une jambe aux sports d'hivers , et je ne le reverrai pas avant un mois
- n'y a-t-il pas moyen de faire avancer un peu les choses ?
- désolé ma p'tite dame , mais j'ai des chantiers en cours tous aussi urgents les uns que les autres ? Peux pas aller plus vite …
et si … je pouvais vous donner un peu de temps , pour tenter de remplacer votre apprenti ?
Vous ? Vous y connaissez quelque chose en tapisserie ?
Heu a vrai dire non …. mais je peux apprendre …
un peu d'aide serait pas de refus , mais je vous préviens , c'est pas parce que vous êtes une cliente qu'il va falloir traîner ..."
le lendemain , Justine se rendit à l'atelier , pour y travailler cette fois ci .
" je vous ai prévu une petite séance de décapage . Il faut entièrement enlever le vernis de cette commode avant de le refaire , vous avez du pain sur la planche "
Une matinée ennuyeuse pour Justine , qui dut lessiver , frotter brosser , poncer la commode sous toutes ses coutures , mais elle se prêta à la discipline de bon cœur pourvu que la restauration du siège de sa grand-mère avance . Vous l'avez deviné , ce n'était pas la seule raison . Une autre raison qui la guidait était de se sentir proche des tissus dans lesquels elle pouvait à tout instant ensevelir ses mains et se laisser abandonner aux sensation de plaisir qui en découlaient .
A chaque pause, prétextant le choix du tissu pour le fauteuil , elle s'approchait de l'étalage , et parcourait du bout des doigts les étoffes . Le tapissier la regardait faire du coin de l’œil , esquissant un sourire par moments , bien que son air bourru n'y fut que très rarement habitué …
" - je suis désolée " furent les mots qu'elle prononça pour s'excuser d'une bourde qu'elle venait de faire . Un goutte de décapant venait de tomber sur un tissu de grande qualité . Le tapissier semblait furieux son regard était encore plus noir que d'habitude . Ses lèvres pincées exprimaient la colère . Ses mains épaisses s'abattirent sur Justine , la prirent par les épaules , et la retournèrent . Se saisissant de ses poignets , comme de brindilles fragiles , il les plia dans le dos , et à l'aide de quelques cordages , les lia entre elles avant d'asseoir Justine sur un tabouret face à lui .
« dorénavant vous passerez vos pauses comme ceci , interdiction absolue de toucher le moindre voilage, et je ne vous détacherai que pour retourner au travail ! »