Page 1 sur 1
Les aventures de Gwendoline 11 [le fantôme noir]
Publié : 19 juil. 2024, 09:43
par MacWilly
PREMIER AVANT-PROPOS : J’ai commencé à raconter la suite des aventures de Gwendoline fin janvier 2024. Si je me base sur le nombre de vues et les durées, j’imagine qu’il existe des amateurs de ces histoires. Il y a même des lecteurs qui m’ont écrit pour me dire qu’ils appréciaient ces histoires. Dans ces conditions, sachant que je connais la suite des aventures de Gwendoline, je me dois de vous la raconter.
Je brave l’animosité que me vouent les administrateurs du site et je tente de poster la suite. Je ne m’explique pas cette inimité. Passons.
DEUXIEME AVANT-PROPOS : Il y a déjà quelque temps j’ai écrit une série d’histoires. Ces histoires sont inspirées de la bande dessinée « Blake et Mortimer », de James Bond et des épisodes télévisés « The Avengers ». Pour ceux qui ne le sauraient pas ‘the Avengers’ a été étrangement traduit en français par « Chapeau melon et bottes de cuir ». Les histoires dont je parle étaient destinées à la bande dessinée. Elles n’ont cependant pas réussi à franchir les murailles impénétrables qui entourent le petit monde fermé de la bande dessinée.
L’histoire qui suit reprend une trame qui était restée inachevée. De ce fait cette l’histoire est un peu différente des aventures habituelles de Gwendoline.
Elle est la quinzième aventure de Gwendoline, renumérotée en épisode 11 (peut-être pourrai-je un jour poster les n°11, 12, 13 et 14 ?).
Si vous appréciez cette histoire et si vous avez des entrées dans la bande dessinée, pensez à me contacter.
Episode 11.1. Gwendoline part en vacances
L’automne est déjà bien avancé. La journée est belle et ensoleillée. Une voiture roule sur une route d’Ecosse. Andrew pilote la voiture. Gwendoline est installée sur le siège passager.
Les deux amis passent quelques jours de vacances en Ecosse. Quelques jours auparavant Andrew avait demandé à Gwendoline si elle voulait bien l’accompagner à l’occasion d’une promenade en Ecosse. Gwendoline a été enthousiasmée par cette idée. Une promenade, plutôt des vacances, en compagnie de celui qu’elle aime. Comment ne pas se réjouir devant une telle perspective ?
Maintenant que la voiture parcourt la campagne, deux détails trottent dans la tête de Gwendoline. Le premier est la discussion qu’elle a eue avec son fiancé. Dans cette discussion Andy voulait savoir si Gwendoline rêvait d’une vie calme et sûre ou si elle se sentait une âme d’aventurière. Gwendoline n’a pas caché qu’elle a toujours eu un goût pour l’aventure. Cette posture a plu à Andy qui a déclaré rêveusement : « Il y a des châteaux hantés en Ecosse. Peut-être rencontrerons-nous un fantôme ? ». L’autre détail est que son fiancé lui a demandé d’emporter son arme. Andy a précisé que la saison était avancée donc plus fraîche que le plein été. Il a alors suggéré à Gwendoline qu’elle porte une veste ou un veston. Elle pourrait ainsi porter discrètement un pistolet dans un holster sous son épaule. Mais il s’agit de vacances. Il n’y a donc aucune raison d’être armée ? Andy ne pense tout de même pas aller chasser et tuer un fantôme ?
Il y a peut-être une arrière-pensée cachée à ces vacances ?
Le couple s’est arrêté à un restaurant. Les deux amis déjeunent en terrasse, devant le restaurant. Gwendoline porte un tailleur bleu à jupe courte. Elle porte des escarpins bleu marine à petits talons. Elle veut faire honneur à son fiancé. Elle porte son pistolet semi-automatique sous son aisselle gauche.
Le déjeuner est terminé. Andy s’est levé pour aller régler la note.
Deux hommes habillés correctement s’approchent de Gwendoline. Un des hommes place subitement sa main sur la bouche de Gwendoline, pendant que l’autre l’entraîne vers une automobile. Arrivés à l’automobile, le premier homme maintient sa main sur la bouche de Gwendoline pendant que l’autre lui attache fermement les poignets dans son dos. Andrew sort à cet instant du restaurant. Il avise la scène.
Les deux ravisseurs réagissent : - Il nous faut démarrer.
Gwen est précipitée dans la voiture qui démarre.
Andy qui s’était élancé vers Gwendoline a modifié sa course vers son véhicule. Il engage la poursuite.
Gwendoline s’est retournée. Elle a vu qu’Andy s’est lancé à sa poursuite.
Dans la voiture Gwen, attachée, s’interroge. Les ravisseurs ont pris leur temps. Plus exactement on dirait qu’ils ont attendu qu’Andy ressorte du restaurant pour démarrer. A croire qu’ils désiraient qu’Andy les poursuive. Qu’est-ce à dire ?
La poursuite se déroule maintenant dans la campagne. Après quelques kilomètres les voitures se dirigent vers un château. La voiture des ravisseurs s’arrête brusquement devant l’entrée du château. Gwen est entraînée par les deux hommes dans le château.
Quelques instants plus tard, Andrew arrive sur les lieux.
Gwen est maintenant debout dans le salon principal du château, entourée par trois hommes. Gwen a toujours ses mains attachées. Le troisième homme est un homme d’une cinquantaine d’années, habillé élégamment.
Andrew surgit dans la pièce, muni de son browning.
L’homme élégant : - Je vous souhaite la bienvenue, monsieur Stanton.
Andrew prend une posture plus détendue, fait signe à Gwen de se rapprocher de lui.
Andrew : - Lord O’Bond ! Il y avait longtemps.
Gwendoline s’est collée contre Andrew.
O’Bond : - Pardonnez-mon invitation cavalière mais j’ai besoin de votre aide.
Andrew entraîne Gwendoline et fait mine de partir.
Andrew : - Viens.
O’Bond : - Je vous en prie, écoutez au moins ma supplique.
Gwendoline : - Oui, écoutons-le. J’aime toujours savoir pourquoi je me fais attacher.
Quelques instants plus tard, Gwendoline, Andrew et O’Bond sont assis dans le salon. Marie, la servante, a servi des rafraîchissements. Marie est blonde et coiffée comme Gwendoline.
O’Bond : - Figurez-vous, monsieur, que ce château est hanté.
Andrew : - C’est le cas de tous les châteaux en Ecosse, non ?
O’Bond : - Certainement. Mais le fantôme de mon château a une particularité rare. Il vole mes œuvres d’art.
Gwendoline : - Vous n’êtes pas sérieux ?
O’Bond désigne un mur du salon. On y voit un tableau et deux ombres. On devine immédiatement que le mur portait trois tableaux et qu’il n’en reste qu’un.
Andrew : - S’il s’agit d’un simple vol, adressez-vous donc à la police.
Une voix féminine : - La police est dépassée.
Une fille entre dans le salon. Elle a une abondante chevelure rousse. Elle porte un chemisier blanc et une jupe à tartan écossais à dominante bleue. Un collant blanc et des trotteurs bruns. Le tartan est repris sur le col et les manchettes du chemisier. La fille est particulièrement belle. Tellement belle qu’elle devrait gagner un prix à tout concours de beauté.
Andrew est surpris : - Lady Kathryn ?
Kathryn : - Heureuse de te revoir, Andy.
Kathryn : - Tu vois, je suis devenue l’inspectrice principale. Il y a eu des vols dans plusieurs châteaux de la région. Je suis chargée de l’enquête. Mais je n’ai pas les moyens d’arrêter un fantôme.
Gwendoline : - Il s’agit vraiment d’un fantôme ? Un fantôme qui emporte des œuvres d’art ?
Kathryn s’adresse à Andrew et l’invite à la suivre.
- Viens voir.
Gwendoline, Kathryn et Andrew sont dans le hall d’entrée. Kathryn désigne une dizaine d’impacts de balles dans les murs.
Kathryn : - L’autre soir, le fantôme noir est apparu ici. Moi-même et Max, le garde du corps de mon père, nous avons ouvert le feu. Nos balles ont simplement traversé le fantôme.
Kathryn : - Max a aussi essayé d’attraper le fantôme. Il en a reçu un choc. Une décharge électrique, je pense. Max en a été engourdi pendant plusieurs minutes.
Andrew : - Le fantôme s’est alors emparé d’un des tableaux et est parti avec.
Les trois personnes se sont rassises, en compagnie de lord O’Bond.
O’Bond : - Monsieur Stanton, vous êtes le seul capable de m’aider. Retrouvez mes précieux tableaux, neutralisez le fantôme et je ne serai pas un ingrat.
O’Bond regarde alternativement Kathryn et Andrew.
O’Bond : - Je vous offre la main de ma fille, lady Kathryn, plus une prime des plus généreuses.
Gwen s’indigne : - C’est que…
Kathryn regarde affectueusement Andrew : - Accepte ! Tu peux enfin avoir la fille rousse de tes rêves. Avec en prime un porte-monnaie bien garni. On parle d’une somme à sept chiffres !
Gwen tente encore de protester : - Mais ?
O’Bond : - Ne vous inquiétez pas pour votre stagiaire. Je m’engage à assurer son avenir.
Andrew réfléchit. Il prend une gorgée de l’excellent whisky dans son verre. Il s’adresse à lord O’Bond.
- Soit ! Je voudrais bien voir un fantôme voleur. J’accepte de vous aider.
Le visage de Kathryn s’éclaire : - Bravo chéri ! Dis-moi ce que je peux faire pour t’aider ?
Andrew réfléchit quelques instants, puis il déclare: - Le fantôme a volé deux des trois tableaux. Il est donc probable qu’il reviendra pour le troisième. Sir, avec votre permission, je vais repérer les lieux.
O'Bond : - Cette maison est la vôtre.
Kathryn : - Je t’accompagne.
Andrew : - Trace-moi plutôt un croquis annoté du fantôme.
Andrew se lève et esquisse un geste à l’intention de Gwen pour l’inviter à le suivre : - Viens !
Gwen et Andrew se promènent maintenant aux alentours du château, dans de l’herbe verte. Le château est à quelques centaines de mètres d’un escarpement. Le terrain s’arrête sur une falaise. Cette falaise surplombe la mer d’une quinzaine de mètres.
Gwen est troublée. Qui est cette Kathryn ? Visiblement Kathryn et Andy se connaissent. Ils se connaissent même très bien, vu la familiarité avec laquelle Kathryn s’adresse à Andy. Une phrase résonne encore dans l’esprit de Gwen : « tu peux enfin avoir la fille de tes rêves ».
Andrew découvre que Gwen a les yeux humides.
Andy : - Tu as des larmes dans les yeux ?
Gwen : - Et des liens autour des poignets.
Andy fronce les sourcils : - Je suis désolé. J’ai oublié de te détacher. Ce n’est pas si dramatique, je pense ?
Andy s’est placé derrière Gwendoline. Il lui retire ses liens.
Gwendoline : - On dirait que tu as retrouvé la fille rousse dont tu as toujours rêvé ?
Andy a détaché Gwendoline. Il l’a faite se retourner pour qu’elle soit face à Andy.
Andy : - Comme tu peux être sotte quand tu veux. Sèche tes yeux et continuons la mission. Je t’expliquerai plus tard.
Re: Les aventures de Gwendoline 11 [le fantôme noir]
Publié : 26 juil. 2024, 00:36
par MacWilly
Episode 11.2. Gwendoline au château du fantôme noir
La nuit est tombée. Andrew a examiné les lieux. Andrew a aussi discuté du croquis du fantôme que lady Kathryn lui a fait. Lord O’Bond a bien entendu invité Gwendoline et Andrew à habiter dans son château. Lady Kathryn, Gwendoline, lord O’Bond et Andrew terminent le dîner.
Un fracas remplit subitement la salle à manger. On pense à des portes qui viennent de s’ouvrir brutalement. Une sorte d’hululement continu se fait entendre.
Andy se lève et se dirige vers la source du bruit, le hall d’entrée.
Le fantôme est là, dans une sorte d’hululement continu. Le fantôme est un drap noir, d’environ 1 mètre 50 de haut. Il flotte à près de 60 cm du sol. Il porte un chapeau noir, chapeau qui ressemble à un canotier. Deux yeux jaunes brillent dans sa tête. Il a deux bras, plutôt des brindilles brunes très foncées qui lui servent de bras terminés par trois doigts. Son cou, plutôt l’endroit qui est à la hauteur du cou, est entouré de fines aiguilles métalliques d’environ 30 centimètres de long.
Andrew a son browning à la main. Il est médusé par le spectacle. Le fantôme flotte en direction du grand salon.
Andrew reste à quelque distance du fantôme. Il n’a pas ouvert le feu. Gwendoline s’est rapprochée.
Dans le salon, le fantôme se saisit du tableau de ses bras et doigts squelettiques. Kathryn regarde la scène. Le fantôme se dirige vers la sortie, en emportant son larcin. Andrew le suit à quelque distance.
La porte d’entrée est grande ouverte. Le fantôme sort du château. Une légère odeur flotte dans l’air. Une odeur âcre et irritante. Andrew fait signe à Gwendoline.
Andrew : - Viens !
Le fantôme a parcouru une vingtaine de mètres devant le château lorsqu’il se met à s’élever verticalement dans les airs.
Le ciel est rempli de nuages noirs. Le fantôme disparaît rapidement dans le ciel noir de la nuit.
Andrew rengaine son browning. Sur le perron Kathryn n’a pas l’air satisfaite.
Andrew et Gwendoline retournent sur leurs pas.
Kathryn : - Je te connais. Tu doutais de l’existence du fantôme voleur. Maintenant tu as vu !
Lord O’Bond a invité ses amis à s’asseoir à une petite table du salon. Marie sert une boisson forte.
O’Bond : - Monsieur Stanton, ma fille est persuadée que vous résoudrez le mystère. Je compte sur vous.
Andrew a un verre d’excellent whisky en main.
Andrew : - Le fantôme est-il apparu dans d’autres châteaux ?
Kathryn : - De manière sûre dans deux autres. Je suppose que bien d’autres châteaux ont été visités par le fantôme noir.
Gwendoline : - Je devine que les châtelains voisins hésitent à rapporter ces événements à la police ?
O’Bond : - Je le pense aussi. C’est assez incroyable, vous ne trouvez pas ?
Andrew repose son verre vide.
- Il est tard. Nous ne pouvons plus faire grand-chose aujourd’hui. La nuit porte conseil. Je propose de nous retirer.
Kathryn sourit aimablement à Andrew.
Kathryn : - Demain tu nous montreras que tu es plus fort que Sherlock Holmes, chéri.
Gwendoline s’est glissée dans la chambre d’Andy. Elle a été piquée par le fait que Kathryn mette deux chambres à leur disposition. Une pour Gwendoline, une pour Andrew. Gwendoline retire ses vêtements. Elle va passer la nuit avec Andy. Les lits dans le château d’un lord écossais sont suffisamment grands pour que deux personnes y trouvent leur aise.
Andy se prépare à se coucher.
Gwendoline : - Tu connais bien cette Kathryn, on dirait ?
Andy : - C’était ma petite amie, avant que je te connaisse. Elle m’aimait et je crois qu’elle m’aime toujours.
Gwendoline : - C’est toi qui l’as quitté ?
Andy : - Son père ne me portait pas en haute estime, moi qui ne suis qu’un modeste vendeur de tapis. D’autre part Kathryn lançait des regards sur un autre jeune homme. Elle m’a expliqué qu’elle était sensible à la position de son père, qu’un vulgaire marchand de tapis était socialement inapproprié pour une lady de son rang. Alors je suis parti.
Gwendoline vient se mettre contre son fiancé.
Gwendoline : - Sérieusement ? C’est pour ces raisons futiles que tu as quitté une femme de sa qualité ? Cela ne te ressemble vraiment pas !
Andy sourit.
Andy : - Tu as vu juste. Il y a une autre raison. La vraie raison.
Gwendoline : - Tu me dis ?
Andy passe son bras autour de Gwendoline : - Quand Kathryn a un objectif, elle est prête à tout pour l’atteindre. Y compris les manœuvres illégales, les plus viles, les plus immorales.
Andy : - Je regrette maintenant de t’avoir emmenée dans cette aventure.
Gwendoline : - Je ne comprends pas bien ?
Andy : - J’ignorais que nous rencontrerions Kathryn. J’ignorais aussi qu’elle tenait encore à moi. Tu es maintenant entre elle et son objectif et cela te met en danger.
Gwendoline : - J’ai cru un instant que …
Andy : - Dors maintenant ! Tu sais bien qu’il n’y a que toi dans mon cœur.
Le lendemain matin Gwendoline, Kathryn et Andrew se retrouvent à la table du petit déjeuner.
Kathryn : - Chéri, comment vas-tu procéder dans ton enquête ?
Andrew : - Dans un premier temps je voudrais savoir exactement ce que le fantôme a volé.
Kathryn : - Je doute que le butin réapparaisse sur le marché.
Andrew : - Moi aussi mais il faut bien commencer quelque part. Comme tu connais la région je pensais que tu pourrais m’accompagner ?
Gwendoline fronce les sourcils. Andy reprend : - Gwendoline, j’aimerais que tu prennes notre automobile et que tu sillonnes la région. Le but étant de repérer tous les grands bâtiments, du genre entrepôt, dans la région.
Kathryn semble ravie de ce plan. Elle lance : - Gwen a la même taille que moi. Je vais lui donner quelques-uns de mes vêtements, à la couleur du clan O’Bond.
Andrew : - Bonne idée. Le clan est connu et respecté dans la région. Avec le tartan du clan elle sera bien reçue par les natifs de la région.
Gwendoline fait la moue. Ce plan ne lui plait que modérément. Elle apprécie la confiance qu’Andrew lui témoigne en lui confiant une mission. Il lui déplait qu’Andy parte avec Kathryn, sans elle. Elle se fait une raison. Elle se dit que son Andy sait ce qu’il fait.
Andy est parti en compagnie de Kathryn. Marie invite Gwendoline à la suivre. Les deux filles arrivent dans une chambre essentiellement remplie d’armoires de vêtements. Marie présente à Gwendoline une jupe au motif du tartan du clan O’Bond. Gwendoline revêt cette jupe en s’étonnant : la jupe est essentiellement un cylindre allant de la taille au-dessous des genoux. La jupe lui permet à peine d’écarter les genoux. Gwendoline se dit que ce n’est pas bien grave. Elle a de la route à faire, elle n’a pas beaucoup de marche à faire. Marie présente maintenant un chemisier blanc, bardé d’une fine écharpe allant de l’épaule à la ceinture. L’écharpe, ainsi que les manchettes reprennent le tartan. Gwendoline remarque que le chemisier est muni de lacets bleus. Marie explique :
- Le chemisier est typique du clan O’Bond. Il est rehaussé d’un beau corsage.
Gwendoline enfile le chemisier. Marie aide Gwendoline à ajuster l’écharpe.
Marie : - Je vais vous aider à lacer correctement le corsage.
Marie se met à tirer sur les lacets et Gwendoline sent que ses bras sont tirés dans son dos. Surprise et entravée par son étroite jupe, Gwen ne peut pas réagir quand elle sent ses bras se coller l’un contre l’autre dans son dos. Gwen s’exclame :
- Mais ? Vous êtes en train de m’attacher ?
Marie : - Pas du tout ! Je vous aide à revêtir un vêtement typique du clan.
Marie : - Madame vous a choisi ce modèle de vêtement. Elle l’aime beaucoup et elle le porte souvent.
Gwen est maintenant habillée aux couleurs du clan.
Ses bras sont lacés contre son corps, derrière son dos. Ses jambes sont enfermées dans son étroite jupe.
Gwen : - Mais Marie, je ne vais pas pouvoir conduire habillée de la sorte. Je suis proprement ligotée !
Marie : - Madame est bien ingrate. Lady Kathryn vous fait l’honneur de vous accorder les vêtements typiques du clan, ce qui revient à vous accepter dans le clan. Et vous maugréez !
Gwen : - C’est que ces vêtements réduisent un peu trop mes mouvements.
Marie : - Mais non. Vous verrez qu’avec un peu d’habitude vous vous y sentirez très bien.
Marie a pris congé. Elle a du travail à effectuer. Gwen est restée dans la pièce. Elle tire sur son chemisier, en fait un chemisier avec un corset intégré. Le corset entoure sa taille et ses bras. Le corset est plutôt rigide et Gwendoline a ses bras vraiment attachés. Le corset lui maintient ses bras l’un contre l’autre, verticalement, contre son dos.
Malheur ! Gwen vient de réaliser qu’elle ne peut pas atteindre les nœuds des lacets. Elle est attachée. Elle ne peut pas se libérer.
Elle peut à peine marcher dans sa jupe si étroite.
Gwen se fait une raison. Cette peste de Kathryn lui a joué un tour.
Attachée comme elle est, elle se dit qu’elle ne peut pas exécuter la tâche qu’Andy lui a confiée. Il ne lui reste plus qu’à attendre le retour de son Andy. En attendant elle va se promener, à petits pas, dans le château.
Gwen avance lentement dans le couloir. Elle rencontre une femme de ménage. Gwen montre les lacets de son corset.
Gwen : - Regardez ! Je suis attachée. Délivrez-moi.
La femme de ménage est effrayée.
- Vous n’y pensez pas milady ! Je ne peux pas déshabiller une lady !
- Défaites au moins les lacets de mon corset !
- Certainement pas ! Je ne veux pas perdre mon emploi.
Gwen continue sa lente promenade. Le château est beaucoup plus grand qu’il n’y paraît de premier abord. Le château a vaguement une forme rectangulaire, avec une cour centrale. Il s’élève sur trois niveaux, plus un sous-sol.
Gwen est montée sur le toit. Le toit est plat. Gwen regarde le paysage. Le château est entouré d’herbe verte. Il y a des haies et des arbres dans le parc devant le château. A quelques centaines de mètres du château se trouve la falaise haute d’une douzaine de mètres. Gwen sent l’air de la mer.
Gwen est irritée d’être attachée. Elle tire sur son corset. Elle se tortille. Elle tente de dégager ses bras du cuir qui les entoure. Elle tente d’écarter ses jambes, d’écarter ses genoux.
Ses vêtements sont de bonne qualité. Après de longues minutes et de vifs efforts Gwen est toujours autant limitée dans ses mouvements qu’avant.
Gwen ressent maintenant de l’amertume. Lady Kathryn l’a mise en touche pour avoir le champ libre avec Andy. Gwen est maintenant dubitative. Elle sait bien qu’Andy lui est loyal. Mais sa rivale est particulière. Elle est rousse, c’est une lady, elle est riche, elle connaît bien Andy et Andy lui trouve des qualités, elle était encore récemment sa petite amie. Cela fait beaucoup.
Gwen est indignée d’être confinée dans les vêtements qu’elle porte.
Elle reprend la visite du château.
Elle arrive devant le château, dans le parc. Le jardinier, un homme d’une trentaine d’années est occupé à tailler les haies.
- Monsieur, vous voulez bien m’aider ?
- Que puis-je pour votre service, milady ?
- Délacez-moi, s’il vous plait !
- Oh ! Shocking ! En aucun cas je ne déshabillerai une lady, en public !
Gwen est triste. Elle a compris. Personne ne la délivrera de son ligotage. Elle décide de rentrer au château et pour l’heure d’aller s’asseoir sur un des fauteuils du salon.
Le temps passe.
Gwen est toujours ligotée par ses vêtements qui restreignent ses mouvements. N’ayant pas de possibilité d’action, elle laisse aller ses pensées. Les paroles d’Andrew lui reviennent à l’esprit. Il avait parlé d’aventure et de fantôme avant le départ. Il devait avoir une idée en tête. Andrew n’a pas été surpris quand lord O’Bond lui a parlé du fantôme. Il a accepté très rapidement d’enquêter à ce sujet, avant même de chercher à en savoir davantage. Gwen se demande si Andrew n’est pas en mission. En mission d’élucider l’affaire du fantôme. Oui, cela lui semble possible. Cela paraît même probable.
Gwen sourit. Cela veut dire qu’Andy l’a emmenée en mission. Cette pensée la réjouit. La réjouit vraiment. Un souvenir amer et lointain lui revient en mémoire. Cette illuminée d’U69 la ligotait affreusement dans un gant unique qu’elle serrait effroyablement. Puis elle partait en mission laissant la pauvre Gwen désespérément ligotée dans son gant unique. Quelle abomination.
Le soir approche. Gwen est toujours ligotée. Kathryn et Andrew reviennent. Gwen se précipite vers Andy. Lentement, son étroite jupe ne lui permet que des petits pas. Andy apprécie beaucoup la tenue de Gwen, aux couleurs du clan O’Bond.
Marie invite les trois personnes à passer à table.
Kathryn défait les lacets du corset de Gwen en expliquant : - Permets-moi d’ajuster ta tenue pour passer à table.
A table Kathryn rapporte joyeusement sa journée avec son compagnon. Elle a indiqué à Andy tous les logis qui avaient été visités par le fantôme noir. Elle a établi pour Andy une liste détaillée de tous les artefacts dérobés.
Bien sûr, Kathryn a demandé malicieusement à Gwendoline si elle s’était acquittée de sa mission. Dépitée, elle a répondu qu’elle était ligotée par les atours du clan O’Bond et qu’elle n’a rien pu faire de sa journée.
Andrew a affiché un air suspicieux. Andrew ne semble pas avoir remarqué qu’elle était toujours ligotée à son retour, que Kathryn l’a délivrée à son retour.
Gwendoline s’étant défaussée de la mission, Kathryn a chaudement proposé à Andrew qu’elle l’accompagne demain pour la mission. Kathryn a fait valoir à Andrew qu’elle connaît bien la région.
Le plan du lendemain sera arrêté demain matin. Toutes les personnes sont allées se coucher.
Re: Les aventures de Gwendoline 11 [le fantôme noir]
Publié : 02 août 2024, 10:04
par MacWilly
Episode 11.3. Gwendoline contre le fantôme noir
Le lit de Gwendoline est devenu plus dur.
Non, elle n’est pas dans son lit. Elle est sur une épaisse fourrure. Elle entend le bruit des vagues, elle sent l’air de la mer.
Ses bracelets sont un peu trop serrés. Non, ce ne sont pas des bracelets qu’elle a aux poignets. Ce sont des menottes. Les horribles menottes tellement étroites qu’elles ne lui permettent à peine d’écarter ses mains. Les affreuses menottes q’U69 avait l’habitude de lui mettre.
Mais où est-elle ? Elle est dans une sorte de caverne, faite de rochers. Non, ce n’est pas une caverne, il y a une fenêtre dans un mur, une ouverture plutôt, d’environ 1,5 mètre sur 1 mètre, dans le mur, ouverture qui donne sur le ciel.
Gwen se rappelle. Elle venait de terminer son petit-déjeuner, en compagnie de Kathryn et d’Andy. Elle avait délaissé les vêtements aux couleurs du clan au profit de sa tenue habituelle. Chemisier bleu, petite jupe noire et moulante, collant brun pâle, petites chaussures noires plates et confortables.
Andrew s’apprêtait à donner ses directives pour la journée lorsqu’une détonation retentit. Les trois personnes se sont dirigées vers l’origine de la déflagration : la porte d’entrée. L’odeur âcre a piqué les narines de Gwendoline. Le fantôme noir se trouvait devant le château. Kathryn et Andrew sont sortis du château…
Gwen ne se rappelle pas de ce qui s’est passé ensuite.
La caverne mesure environ 4 mètres sur 3. Au fond de la caverne il y a une source. Il y a des couvertures près d’elle. Un mur est garni d’étagères qui portent des vivres. Il y a des boites de biscuits, des boites de conserve, d’autres boites…
Il y a une porte en fer.
Gwen s’est levée, ses étroites menottes handicapent ses mouvements mais ne lui interdisent pas de se lever. Elle s’est approchée de la « fenêtre ». Elle comprend qu’elle se trouve dans une sorte d’anfractuosité, de caverne, dans la falaise. La mer se trouve à la verticale de la fenêtre. La fenêtre s’ouvre sur la falaise. La falaise est lisse. Même si Gwen était libre elle ne pourrait pas grimper sur la paroi. Impossible aussi de sauter. Elle se romprait les os. Impossible aussi de grimper vers le haut. Là aussi la falaise est lisse.
La porte en fer est évidemment verrouillée.
Gwen fait le point de sa situation. Elle a ses poignets enchaînés. Elle est enfermée dans une sorte de mini-grotte à mi-hauteur de la falaise. Elle a des vivres. Elle a des couvertures.
Qui l’a enfermée, et pourquoi ?
Kathryn lui vient à l’esprit. Evidemment ! Kathryn veut séduire Andrew. Elle a mis Gwen à l’écart. Et vues les couvertures et les vivres Kathryn a l’intention de la laisser longtemps dans sa prison !
Gwen regarde ses menottes. Ses menottes étroites qui lui serrent les poignets, ses menottes qui lui permettent à peine d’écarter les poignets. Elle sait qu’elle ne pourra pas les retirer. Elle regarde sa prison. Elle ne voit rien qui pourrait l’aider à s’évader.
Elle pense à découper les couvertures en lanières. Elle n’a rien pour les couper, et même si elle parvenait à en faire des cordes et à descendre la falaise, elle se retrouverait les poignets enchaînés, sur les rochers acérés, ballottée par les vagues. Ceci serait extrêmement dangereux. Il vaut mieux chercher un autre plan. Et surtout elle sait qu’elle peut compter sur son fiancé. Elle sait de quoi il est capable. Elle lui fait confiance. Si ce n’est pas déjà fait, il va se mettre à sa recherche. Il ne l’abandonnera pas !
Gwen est assise. Elle cherche un moyen de s’évader lorsqu’elle entend le penne glisser. La porte s’ouvre. Kathryn, armée d’un pistolet apparaît.
Kathryn : - Hello Gwen ! Je venais voir si mon animal domestique allait bien !
Gwen montre ses poignets enchaînés.
Gwen : - Détachez-moi !
Kathryn : - Tu es bien ici. Tout le confort. Et pendant que tu profites de tes vacances je redeviens la fiancée d’Andrew !
Gwen : - Aucune chance ! Il va me retrouver et il viendra me libérer.
Kathryn ricane gaiement.
Kathryn : - Tu peux toujours rêver. Cela n’arrivera pas, pour deux raisons.
Kathryn : - La première raison est qu’Andy n’a aucune idée de l’existence cet endroit. Il est virtuellement introuvable. La deuxième raison, la vraie raison, est qu’Andy n’est pas du tout à ta recherche.
Gwendoline sourit intérieurement. Son sourire déborde sur ses lèvres.
Kathryn : - Ce matin le fantôme noir est apparu au château. Tu possédais un filet, une sorte d’épuisette, et, courageusement, tu t’es lancée à la poursuite du fantôme noir.
Gwen : - Mais ?
Kathryn : - Le fantôme t’a entraînée près de la falaise. Andrew est accouru à ton aide et t’a lancé : « Gwen ! Non ! Reviens ! ».
Kathryn : - A ce moment toi et le fantôme noir vous êtes tombés de la falaise, sous les yeux d’Andrew.
Gwen tire vainement sur ses menottes.
Kathryn : - Bien sûr, en réalité c’était ma fidèle Marie qui portait tes vêtements et qui jouait ton rôle ! Andrew s’est précipité au bord de la falaise.
Kathryn : - Andrew a vu ton corps fracassé et désarticulé sur les rochers, au pied de la falaise. Quinze mètres plus bas.
Kathryn est maintenant songeuse.
Kathryn : - Il devait vraiment tenir à toi. Bien que tu sois morte, il est descendu pour récupérer ton corps.
Kathryn sourit. Sa satisfaction est évidente.
Kathryn : - Bien sûr mon plan était détaillé. La cachette de Marie et du fantôme était prévue. J’avais aussi prévu un complice qui a retiré de l’eau le mannequin à ton effigie. Ton corps a disparu pendant qu’Andrew descendait au pied de la falaise.
Gwen est atterrée. Ses menottes lui paraissent encore plus serrées.
Kathryn : - Rassure-toi pour Andy. Je vais trouver les mots pour le consoler.
Kathryn : - Encore quelques points : avec tes menottes tu n’as aucune chance d’escalader la falaise. Si tu ne me crois pas tu peux toujours essayer. D’ailleurs légalement tu es déjà morte !
Kathryn : - Inutile aussi de jeter des choses à la mer. Les courants sont forts par ici et portent au large. C’est aussi la raison pour laquelle Andrew ne retrouvera pas ton corps. Il est bien capable de mobiliser un bateau et d’aller le rechercher !
Kathryn : - Marie viendra de temps à autre vérifier que tu as de la nourriture. Bye !
Gwen s’est assise. Elle est défaite. Ses yeux sont humides.
Les heures ont passé. Gwendoline s’ennuie. Elle a ses poignets enchaînés. Elle est enfermée. Elle a cherché un moyen de s’évader ; en vain.
Elle est préoccupée. Son Andy la croit morte. Il n’est pas à sa recherche. Cette peste de Kathryn a maintenant beau jeu de séduire son Andy. Et quand Kathryn sera parvenue à ses fins, quel sort réserve-t-elle à Gwendoline ? Elle se débarrassera certainement d’elle. Elle est déjà officiellement morte. Quand Kathryn aura séduit Andrew, elle viendra la tuer et elle pourra le faire en toute discrétion.
Non, vraiment il ne reste qu’à espérer un miracle.
Gwendoline s’ennuie encore. Avec ses menottes elle ne peut pas faire grand-chose. De toute façon elle n’a rien à faire. Alors elle fait quelques pas dans son oubliette.
Mais ? Là, au sol, dans un coin, au fond de la pièce ? Dans l’ombre ? Un pied-de-biche !
Gwen s’empare du pied-de-biche. Il a dû être oublié là, dans l’ombre quand le cachot a été aménagé. Peut-être a-t-il servi lors de l’installation de la porte ?
Gwen choisit un interstice entre la porte et le rocher pour y introduire le pied-de-biche. Elle s’arc-boute sur l’outil. Encore et encore.
Enfin le verrou de la porte plie.
Gwen entrouvre la porte et se glisse hors de sa cellule. Derrière la porte Gwen découvre une sorte de couloir éclairé de veilleuses. Le couloir est plutôt une faille dans la roche. Le sol est sommairement recouvert de gravier, aménagé en surface vaguement horizontale. Il y a des lampes au plafond. Gwen opte pour la discrétion. Elle décide de ne pas manœuvrer l’interrupteur. Elle va avancer lentement, prudemment, à la faible lueur des veilleuses.
Le couloir est plus long que ce qu’elle avait imaginé. Il doit mesurer plus d’une centaine de mètres. Il se termine sur une porte. Gwen est armée du pied-de-biche. Elle est toujours enchaînée. Elle décide d’avancer. La porte n’est pas verrouillée. Elle l’ouvre.
Elle se retrouve dans une pièce éclairée par une petite veilleuse. Les murs de la pièce sont en pierre. En pierre de taille. Elle referme la porte derrière elle. La porte se fond dans le mur et devient invisible.
Gwen remarque que des tableaux sont entreposés sur le sol. Il y a une table qui porte des mallettes. Il y a aussi des petites statues.
Il s’agit évidemment des objets dérobés par le fantôme noir.
Gwen entrouvre lentement la porte de la pièce. Elle découvre une pièce éclairée normalement. Gwen remarque un établi avec du matériel électrique et électrotechnique. Un autre établi avec divers outils. Une personne s’affaire avec le matériel électrique. Kathryn !
Gwen remarque le pistolet de Kathryn sur la table au centre de la pièce. Kathryn lui tourne le dos.
L’occasion est trop belle ! Gwen s’approche silencieusement de la table, pose délicatement le pied-de-biche, s’empare du pistolet.
Gwen tient le pistolet de ses deux mains, l’oriente vers Kathryn et lance : - Détachez-moi ! Mais pas de geste brusque.
Kathryn est surprise. Elle revient rapidement de sa stupeur. Elle réfléchit un instant. Elle répond : - D’accord.
Kathryn saisit une petite clé, et lentement retire les menottes de Gwendoline.
Gwendoline a reculé de quelques pas. Elle tient sa rivale sous la menace de son pistolet. Kathryn a l’air heureuse.
Kathryn : - Maintenant que nous sommes à égalité nous allons voir qui aura Andrew !
Gwendoline : - Non ! Le pistolet est dans mes mains, et je sais m’en servir.
Kathryn : - Tu me prends pour une cloche ? Avec tes menottes tu n’as pas pu déverrouiller le cran de sûreté, et tu n’as pas eu le temps de le faire depuis que je t’ai retiré tes menottes.
Kathryn s’approche lentement de Gwendoline, de manière menaçante. Gwendoline presse la détente. Rien !
Kathryn assène une gifle magistrale à Gwendoline. Elle laisse tomber le pistolet et réplique d’un coup de poing dans le corps de Kathryn.
Les deux filles se bagarrent furieusement.
Gwendoline est une fille de la campagne. Elle est forte. Mais pas tellement car elle est aussi très fine. Kathryn a de l’entraînement. Les gifles, les coups de poing, les coups de pied pleuvent. La table est renversée. Gwendoline prend un coup dans son plexus qui lui coupe la respiration. Elle tombe au sol. Elle voit les menottes par terre, près d’elle. Une pensée traverse l’esprit de Gwendoline : « je me bats pour ma vie ; je me bats pour celui que j’aime ». Elle redouble d’efforts et assène un coup de poing dans l’œil de Kathryn. Gwendoline parvient à plaquer Kathryn sur un canapé, sur son ventre. Elle s’assoit sur Kathryn, lui maintient les poignets dans le dos et lui passe les menottes aux poignets.
Gwendoline regarde autour d’elle. Pour trouver un moyen d’immobiliser davantage sa rivale. Kathryn capitule :
- Je me rends. Tu as gagné.
Les deux filles se lèvent lentement. Gwendoline a des gouttes de sang sur ses lèvres. Quelques gouttes de sang coulent du nez et des lèvres de Kathryn.
Gwendoline remarque le drap noir accroché près de l’établi au matériel électrotechnique.
Kathryn : - Oui, tu as trouvé le repaire du fantôme noir.
Gwendoline est étonnée de ce qu’elle voit.
Kathryn : - Tu vois bien. C’est juste un ventilateur recouvert d’un drap noir.
Gwendoline : - C’est tout ? Rien d’autre ?
Kathryn : - Oh bien sûr il y a quelques perfectionnements. Le chapeau n’a pas de sommet et est en réalité un gyroscope, le cou est une batterie en forme d’anneau et la tête est un ventilateur. Les yeux sont des petites caméras et le tout est radioguidé.
Kathryn : - Le gros problème a été la batterie. C’est une batterie à l’argent mais elle fournit à peine trois minutes d’autonomie. Cinq minutes, au grand maximum, dans les conditions les plus favorables. (*)
Gwendoline est étourdie par les aveux et la réalisation technique.
Gwendoline : - Mais pourquoi ? Vous ne pouvez pas profiter de votre butin. D’ailleurs vous êtes déjà riche.
Kathryn s’assoit tristement. Elle soupire : - Pour Andy.
Gwendoline a ramassé le pistolet de lady Kathryn.
Gwendoline : - Je ne comprends pas ? Vous avez créé un fantôme noir voleur pour Andy ?
Gwendoline est stupéfaite de voir que Kathryn a les yeux humides.
Kathryn : - J’étais la petite amie d’Andrew. Lord O’Bond m’a allégué que lady Kathryn méritait mieux qu’un simple vendeur de tapis. Je savais que la vente de tapis n’est qu’une couverture pour Andy. Son vrai métier est secret. Il n’empêche, officiellement il n’est qu’un vulgaire vendeur de tapis et le secret doit être gardé. Les hommes me trouvent belle. Je suis riche. Ma famille est influente. J’ai écouté les recommandations de mon père et j’ai laissé partir Andy.
Kathryn : - Tous les jeunes hommes de la région se sont alors mis à tourner autour de moi. Mon père a même invité des prétendants venant d’autres régions.
Gwendoline : - Je ne comprends toujours pas ?
Kathryn : - A côté d’Andy tous sont déplorablement ternes.
Kathryn : - Je crois qu’Andy est un agent chargé des affaires spéciales. Alors j’ai élaboré un plan spécial pour attirer Andy dans la région.
Gwendoline : - Votre plan était voué à l’échec, Andy a une fiancée et il ne la quittera en aucun…
Gwendoline sent que ses mains sont agrippées et fermement tirées dans son dos. Avant qu’elle ait pu réagir une corde s’enroule autour de ses poignets.
Kathryn : - Elle est dégourdie. Attache-là solidement.
Gwendoline s’est laissée surprendre par un jeune homme. Il est grand. Il a les cheveux noirs et des yeux bleus très clairs qui lui confèrent un regard un peu étrange. Gwendoline proteste : - Lâchez-moi ! Votre plan a échoué.
Quelques instants plus tard, Gwen a ses poignets croisés dans son dos et rudement attachés. Le nouvel arrivant a bourré la bouche de Gwen de foulards et l’a sévèrement bâillonnée.
Le nouvel arrivant regarde Kathryn : - Tu es blessée. Tu saignes du nez, des lèvres. Je vais d’abord aller chercher la trousse de soins.
Kathryn se penche pour examiner le sol : - Conner, attend ! Détache-moi d’abord !
Gwen comprend immédiatement. La clé des menottes est tombée par terre lors de la bagarre et Kathryn la cherche. Mais ? Kathryn lui tourne le dos et Conner est déjà parti. L’occasion est trop belle. Gwen se glisse silencieusement hors de la pièce.
(*) : Pour les lecteurs qui n’auraient pas étudié l’électrochimie, les batteries à l’argent sont les plus puissantes qui existent. Elles sont rarement utilisées car -1- elles sont (très) chères et -2- elles n’offrent qu’une faible autonomie.
Re: Les aventures de Gwendoline 11 [le fantôme noir]
Publié : 03 août 2024, 15:46
par Mad Hatter
Et bien c'est un sacré univers.
Re: Les aventures de Gwendoline 11 [le fantôme noir]
Publié : 08 août 2024, 02:43
par MacWilly
Episode 11.4. Gwendoline reçoit de l’aide
Gwen sait qu’elle n’a que très peu de temps. Un escalier. Elle le remonte rapidement pour se retrouver dans un couloir . . . d’un château ?
Elle court vers la porte. Elle se retourne pour l’ouvrir avec ses mains toujours attachées dans son dos. Gwen entend Kathryn s’exclamer : - Conner ! Vite !
Gwen regarde devant le château : un grand parc s’étale à sa vue. Bâillonnée, attachée, elle ne peut pas courir très vite. Si elle s’élance elle sera vite repérée et rattrapée. La tenture !
Une tenture cache en partie la porte. Vite, elle se glisse derrière la tenture. Elle se colle contre le mur, sur la pointe de pieds, pour être sure que ses pieds ne dépassent pas de la tenture.
Kathryn arrive, suivie de Conner. Kathryn peste : - Elle a filé !
Conner : - C’est fâcheux. Je t’avais dit que tu aurais dû t’en débarrasser.
Kathryn : - Non ! Lui offrir des vacances à l’hôtel tout confort, 100% nature, avec vue sur la mer est une chose, la tuer en est une autre.
Conner : - Logiquement elle va chercher de l’aide. Elle ne connaît pas la région et elle est toujours attachée. Nous devrions pouvoir la retrouver. Prenons nos armes et allons à sa recherche.
Kathryn : - Crétin, tu n’as rien oublié ?
Conner : - Tu veux que je prévienne aussi Marie ?
Kathryn : - Tu as oublié que j’ai toujours des menottes aux poignets.
Kathryn et Conner sont redescendus au sous-sol. Gwen sait qu’elle a un peu de temps. Comment le mettre à profit ? La porte ouverte a fait croire à ses ennemis qu’elle a fui. Elle décide de se cacher dans le château et de chercher un moyen de se libérer. Elle monte rapidement à l’étage, aussi silencieusement que possible.
Gwen se retrouve au premier étage. Le château paraît très grand. Que faire ? Attachée et bâillonnée comme elle est, elle n’a pas beaucoup de possibilités. Elle pense à se cacher, à chercher un moyen de se libérer de ses liens. Elle se dit que d’abord il lui fait éviter de retomber entre les mains de Kathryn et de ce Conner. Ils pourraient la tuer !
Gwen monte d’un étage. Le couloir est désert. Il vaut mieux ne pas rester dans le couloir. Elle ouvre une porte, découvre une chambre à coucher. Elle ouvre une autre porte, découvre un petit salon. Apparemment un salon de lecture. Il y a une table recouverte d’une nappe, des étagères remplies de livres, des fauteuils, un canapé. Elle entre. En cas de besoin elle tentera de se cacher sous la nappe ou derrière un meuble.
Gwen tire sur ses liens. Ses poignets sont croisés dans son dos et les liens sont bien serrés. Après des efforts futiles Gwen se rend à l’évidence. Elle est solidement attachée et sans aide elle n’arrivera pas à se libérer.
Que faire ? Gwen se dit que la journée est déjà bien avancée. La chance était avec elle. Elle a pu échapper à lady Kathryn et arriver dans ce petit salon sans être repérée. Elle va attendre la nuit. Elle se rendra à la cuisine. Au milieu de la nuit personne ne la verra rôder dans le château. Elle cherchera un couteau pour trancher ses liens.
En attendant elle va se reposer. Elle s’est rudement battue avec Kathryn. Son corps est douloureux en de nombreux endroits.
Elle sourit intérieurement. Elle a battu Kathryn !
Peut-être Kathryn aura-t-elle l’élégance de renoncer à ses desseins ? Ce n’est pas sûr du tout. Mais Andy sera fier d’elle. Elle a battu Kathryn.
La lumière diminue. Le Soleil se couche. Gwen se détend. Malgré ses liens, malgré ses courbatures, elle s’assoupit.
Gwendoline rêve. Elle rêve qu’elle est chez elle. Qu’elle est dans les bras de son Andy. Quelle sensation agréable. Elle sent la chaleur de ses bras. Elle sent son étreinte, douce et ferme. Elle ouvre les yeux. Elle se réveille. C’est la nuit, mais ce n’est pas la nuit totalement noire. On peut distinguer les alentours.
- mmmmhh ??
Elle est dans les bras d’Andy. Elle doit encore rêver.
- mmmmhh ??
Andrew, tout habillé de noir, la tient dans ses bras. Il a remonté sa cagoule noire sur son front. Il lui sourit gentiment.
- Ne fais pas de bruit ! Je vais t’enlever ton bâillon.
Une fois libérée du bâillon, Gwen murmure : - Oh, Andy !
Gwen : - Andy, j’ai trouvé l’antre du fantôme noir ! Je sais aussi qui est derrière toute l’affaire !
Andy serre Gwen contre lui : - Tu as démasqué Conner McBond ?
Gwen : - Tu… Je…
Andy : - Je t’expliquerai plus tard. Pour l’instant nous avons des choses à faire.
Andrew remet son gilet à poches multiples. Il l’avait posé pour mieux tenir Gwendoline dans ses bras. Andrew a remis sa cagoule. Il tend à Gwen un pistolet et des lunettes à verre sombre. En fait le verre des lunettes est bleu mais dans l’obscurité c’est peu apparent.
Andy : - Tiens, met ce pistolet dans ta ceinture derrière ton dos et met ces lunettes.
Gwen : - Détache-moi d’abord !
Andy sourit gentiment. Il délivre Gwendoline, puis il se saisit d’une boite ayant la taille d’une boite de cigarettes.
Andy : - Viens, maintenant. Sans faire de bruit.
Les lieux sont dans l’obscurité. Gwendoline découvre qu’avec ces lunettes elle peut voir ce qui l’entoure dans un jeu de vert et de blanc.
La boite est un projecteur infrarouge. Plus précisément une lampe de poche à infrarouges !
Andy conduit Gwendoline à la tenture qui masque la porte d’entrée. Il écarte la tenture, avise un dispositif électrique, tend la lampe à Gwendoline et lui demande de l’éclairer. Andy s’affaire sur le boîtier électrique puis sur la serrure de la porte.
Andy chuchote : - Je déconnecte le dispositif d’alarme. Nous ne voulons pas réveiller tout le clan McBond.
Pendant que Gwendoline tient la lampe il lui semble que quelque chose ne « colle » pas dans les actes d’Andy.
Bientôt Gwendoline et Andy sont dans la nuit, devant le château. La nuit est sombre. La Lune n’est qu’un mince croissant dans le ciel. Des nuages défilent devant la Lune. Andy entraîne sa fiancée rejoindre son automobile, garée à quelque distance.
La voiture roule. Gwendoline soupire.
Gwendoline : - Chéri, je …
Andrew : - Chut ! Les explications sont pour plus tard. La nuit n’est pas terminée.
Après un trajet qui a duré quelques minutes, Andy éteint les feux de la voiture et remet ses lunettes infrarouges.
Il roule encore quelques minutes, lentement, en raison de la visibilité très réduite. Puis il gare l’automobile.
Andy : - Ne fais pas de bruit. Ne claque pas la portière et suis-moi, en silence.
Quelques minutes plus tard, les deux complices sont arrivés à proximité du château du clan O’Bond. Andy sort d’une de ses poches un pistolet d’un genre particulier. Il le charge d’une ampoule en verre. Il ordonne : - Attends-moi ici. Ouvre l’œil et ne fais pas de bruit.
Gwendoline est restée seule dans la nuit. La situation est insolite. Andy lui a laissé une arme. Andy sait ce qu’il fait. Elle se rassure.
Un quart d’heure plus tard Andy s’annonce : - C’est moi. Ne me tire pas dessus.
Andy : - Viens par ici.
Andy conduit Gwendoline vers un corps de femme couché à côté d’une haie. La femme, une blonde, est habillée entièrement en noir. Andy tend des cordes à Gwendoline.
Andy : - Elle a pris une ampoule anesthésiante. Elle devrait dormir pendant au moins deux heures. Deux précautions valent mieux qu’une. Attache-là proprement.
Gwendoline se penche sur la femme inconsciente. Elle la reconnaît. C’est Marie. Elle lève la tête, demandant des explications.
Mais ? Où est Andy ? Andy est parti ?
Gwendoline fait confiance à son ami. Elle se met à attacher les poignets et les chevilles de Marie. Elle s’applique. Andy compte sur elle.
Gwendoline a attaché Marie. Mais où est Andy ? Gwendoline n’est pas rassurée. Elle se demande ce qu’elle doit faire ? Andy ne lui a pas donné d’autre instruction. Elle en déduit que la meilleure des choses à faire est d’attendre. Elle attend, mais elle n’est vraiment pas rassurée.
Une demi-heure plus tard Andy s’annonce : - Gwen, ne tire pas, c’est moi.
Gwendoline soupire de soulagement, discrètement. Andrew soulève Marie, la place sur son épaule et ordonne : - Viens avec moi !
Mais ? Andy se dirige vers le château ? Devant le château Andy demande à Gwendoline de lui ouvrir la porte, en précisant qu’elle est déverrouillée. Sans allumer de lumière.
Quelques instants plus tard, Marie est déposée sur un canapé dans le petit salon du château. A côté d’elle se trouve un autre corps. Etroitement ficelé.
C’est lady Kathryn. Elle est aussi bâillonnée.
Andy regarde Gwendoline et lui enjoint : - Trouve de quoi bâillonner Marie. Après tu ne devrais pas être en danger mais par prudence vérifie ton arme, dissimule-toi, ne fais pas de bruit et ouvre l’œil.
Andy attrape Gwendoline et lui place un baiser sur ses lèvres.
Andy : - Je reviens bientôt.
Gwendoline a exécuté ses instructions. Elle a trouvé un tissu. Elle a bâillonné Marie. Elle a vérifié son pistolet semi-automatique. Elle s’est dissimulée dans un recoin, derrière un fauteuil. Elle attend le retour de son Andy. Tout en étant sur le qui-vive elle cherche à deviner le plan d’Andy.
Trop d’éléments lui échappent. Elle ne doute pas de son Andy.
Une demi-heure plus tard, Andy s’annonce. Il revient en portant un homme sur son épaule. L’homme est endormi. L’homme est aussi étroitement ficelé et bâillonné. Andrew dépose l’homme sur un fauteuil. Gwendoline s’approche. Elle reconnaît Conner.
Andy passe la main sur son front. Andy : - On y est presque. Gwendoline, va chercher discrètement nos affaires dans nos chambres pendant que je vais à la cuisine.
Quelques minutes plus tard, Gwendoline est revenue avec deux valises. Andy a posé trois brocs contenant de l’eau fraîche sur la table. Il a déplacé Kathryn pour qu’elle soit seule sur un fauteuil. Une petite lueur provenant de l’extérieur dessine la fenêtre. Le ciel commence à s’éclaircir, l’aube est proche.
Andy a placé sa cagoule à sa ceinture. Il verse l’eau d’un broc sur Kathryn qui se réveille.
- mmmmhh ??
Andy : - Kathryn, il y a quelque temps tu m’as laissé entendre que mon statut social ne convenait pas à une lady de ta qualité. Tu pensais que je chercherais un moyen de bonifier mon rang. Tu étais d’ailleurs prête à tout pour me soutenir dans mes démarches. Sauf que je t‘ai quitté. Sache qu’à cette époque je pensais te quitter. L’histoire du statut n’a été que le déclencheur de mon départ.
Kathryn affiche une mine chargée de regrets pendant qu’Andy vide les deux brocs restant sur Marie et sur Conner. Marie et Conner se réveillent.
Andrew : - Vous avez touché à ma fiancée et ceci est très répréhensible. Néanmoins vous ne vous lui avez pas fait de mal. D’autre part je garde des souvenirs de bons moments passés avec toi, Kathryn.
Andrew : - En conséquence je me montre particulièrement magnanime. Vous avez une semaine pour restituer le butin du fantôme noir. Vous pourrez fournir l’explication qui vous plaira. Peu m’importe. Mes agents vérifieront que tout le butin est restitué.
Andrew : - Croyez-moi, il vaudrait mieux pour vous de vous conformer à ces directives.
Kathryn : - mmmm !!
Kathryn a l’air désespérée. Elle remue pitoyablement dans ses liens. Gwendoline croit voir qu’elle pleure. A moins que ce soit l’eau qu’Andrew a versé sur son visage ? Andrew se saisit de sa valise et s’adresse à Gwendoline : - Nous partons. Il est l’heure de quitter les lieux !
Kathryn : - mmmmppff ??
Re: Les aventures de Gwendoline 11 [le fantôme noir]
Publié : 11 août 2024, 02:22
par MacWilly
Episode 11.5. Gwendoline termine ses vacances
Le Soleil s’est à peine levé. La voiture de Gwendoline et Andrew roule dans le village proche du château de lord O’Bond.
Andrew : - J’ai hâte de rentrer. Tu m’as fait vivre les heures les plus pénibles de toute ma vie.
Gwendoline : - Mais ?
Andrew : - J’ai vraiment cru que tu étais morte !
Gwendoline : - Tu m’as retrouvée par hasard, alors ?
Andrew s’est garé. Il a demandé à Gwendoline de l’attendre pendant qu’il achetait les pains nécessaires pour un bon petit déjeuner.
Andrew a repris le volant.
Andrew poursuit : - Je vais t’expliquer. Le soir où nous avons vu le fantôme noir, il s’est éclipsé en s’élevant dans le ciel, n’est-ce pas ?
Andrew : - Que pouvait-il y avoir dans le ciel, à ton avis ?
Gwendoline : - Je crois que je devine : un ballon ou un dirigeable. Peint en noir peut-être ? Silencieux et invisible la nuit ?
Andrew : - Bravo ! Le petit dirigeable servait de poste de radio-pilotage du fantôme, puis il servait de quai destiné à recueillir le fantôme qui échappait ainsi à toute poursuite.
Gwendoline : - Quand as-tu compris ?
Andy fronce les sourcils.
Andy : - Gwendoline chérie, pourquoi crois-tu que le lendemain matin je te demandai de sillonner la région à la recherche d’un grand entrepôt ?
Gwendoline : - Maintenant je comprends ! Tu cherchais le hangar du dirigeable !
Andy : - Bien sûr ! Mais ce jour-là tu as préféré jouer à être lady Gwendoline et tu t’es faite dorloter au château.
Gwendoline fait la moue : - Ce n’est pas de ma faute. Kathryn m’avait attachée. J’ai cent fois essayé de me libérer. Je n’y suis pas arrivée. J’ai demandé aux employés du château de me détacher. Ils n’ont pas voulu me délivrer et je suis restée ligotée toute la journée.
Andrew a garé l’automobile dans la campagne. Gwendoline et Andy sont assis sur des chaises pliantes, devant une petite table pliante, sorties du coffre de la voiture. Andrew a déposé les articles du petit-déjeuner sur la table. Il ne voulait pas prendre le petit déjeuner dans un pub. Les traces de bagarre sur le visage de Gwendoline lui donnant un air de femme battue.
Andrew grimace : - Le lendemain matin j’ai assisté à la terrible scène destinée à me faire croire que le fantôme te précipitait au bas de la falaise.
Andrew : - Vois-tu, j’étais malheureux. Je te croyais morte.
Andrew : - Plus tard, dans la journée, je suis retourné machinalement à l’endroit où tu étais « tombée » de la falaise. En flânant à proximité j’ai découvert qu’il existe une petite plate-forme sur la falaise, précisément un peu en dessous de l’endroit d’où tu es tombée. Cette plate-forme est littéralement invisible de l’endroit d’où tu es tombée. J’avais aussi trouvé étrange que le fantôme noir apparaisse en plein jour. De plus, j’avais trouvé curieux que tu te jettes sur le fantôme alors que je t’ordonnais de revenir.
Je me suis dit qu’il existait une chance que tu sois en vie.
J’allais tout faire pour te retrouver !
Gwendoline sourit gentiment à Andy.
- Comment en es-tu venu à me chercher dans le château des McBond ? Comme je te connais, tu devais avoir une piste ?
Andy : - Gwendoline chérie, tu oublies que lady Kathryn était ma petite amie. Je sais que Marie est une de ses amies d’enfance. Elle est toute dévouée à Kathryn. Je sais aussi que le petit ami de Marie est sir Conner McBond, qui est lui aussi un ami d’enfance de Kathryn. Figure-toi que Conner ne travaille pas et qu’il a fait des études d’électrotechnique et de radio-pilotage. Enfin j’avais aperçu le hangar dans le domaine du clan McBond.
Gwendoline : - Tu avais résolu l’affaire dès le premier jour ! Je parie que tu l’avais déjà résolue le matin-même.
Andy acquiesce par un petit sourire.
Andy : - J’allais donc débuter mes recherches dans le domaine du clan McBond. Gwendoline chérie, je ne savais pas que pendant que je préparais la mission, tu enquêtais de ton côté. Tu dénichais brillamment le repaire du fantôme noir, tu élucidais son mécanisme, tu démasquais les protagonistes de cette histoire. Tu as même expliqué, quoiqu’un peu vivement, à Kathryn, qu’une lady ne se comporte pas comme elle l’a fait. Tu as été formidable !
Gwendoline est un peu confuse :
- Euh …
- Inutile de faire des corrections mineures, du genre c’est Kathryn qui t’a provoquée en duel.
Andy : - Une fois les protagonistes confondus, il te restait à me rejoindre pour me faire part de tes découvertes. Tu as bien compris que tes adversaires joueraient leur dernière carte en tentant de t’intercepter. Ils se sont embusqués pour te capturer en chemin. Habilement tu as attendu la nuit pour agir. Hélas tu manques encore un peu d’expérience. Tiens, regarde : on ne met pas de bâillon ni de cordes à ses poignets lors des opérations nocturnes. On met une cagoule et des gants !
Gwendoline : - Ca ne s’est pas tout-à fait passé comme ça.
Andy : - Allons, ne minimise pas ton mérite par un excès de modestie.
Andy : - Tu avais donc trois adversaires à affronter, plus probablement les personnes au service de lady Kathryn et celles au service de sir McBond. Je suis intervenu pour diminuer l’avantage numérique de tes adversaires.
Andy regarde affectueusement sa fiancée, Gwendoline.
- Tu connais la suite.
Gwendoline et Andy ont terminé leur déjeuner. Andy commence à plier sa chaise.
Gwendoline : - J’ai encore quelques questions. A quoi correspondait l’odeur du fantôme noir ?
Andy : - A du dioxyde de soufre. Le gaz provenait de la petite charge explosive qui ouvrait la porte au fantôme. L’explosion lui permettait une entrée fracassante et d’autre part il fallait une porte ouverte pour que le fantôme puisse déguerpir.
Gwendoline : - Je vois. Dis-moi encore : dans le château des McBond tu as désactivé l’alarme en sortant ? Pas en entrant ?
Andy : - J’ai utilisé un grappin pliant pour monter sur le toit. Je me suis introduit dans le château en passant par le toit. Je pensais que tu n’es pas suffisamment entraînée pour descendre en rappel du toit d’un château, en pleine nuit, alors nous sommes passés par la porte.
Gwendoline : - Une dernière question. Comment as-tu fait pour savoir tout ceci, toi ?
Andy : - J’ai exploré le château des McBond en commençant par le sous-sol. J’y ai trouvé les petites charges explosives et beaucoup d’autres choses.
Les affaires sont rangées dans la voiture.
Andy : - Et maintenant en route. Après une nuit pareille j’ai envie de retrouver des choses que j’aime dans mon lit.
Gwendoline : - Quel genre de choses ?
Andy : - Des oreillers, ma peluche porte-bonheur, le sommeil réparateur …
Gwendoline : - Une fille aussi, peut-être ?
Andy : - Une fille blonde, chaude et attachée ? Oui, j’aimerais bien, hélas il n’y en a pas dans mon lit.
Gwendoline : - Je vais t’en trouver une alors…
FIN de cette histoire.
MacWilly