Les Cheminées de fées

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Bouya2

Les Cheminées de fées

Message par Bouya2 »

Voici une petite histoire, dont j'ai eu l'idée en visitant les Orgues de Ille-sur-Têt. Je vous laisse chercher les photos de ce site minéral naturel, qui est magnifique et qui mérite la visite. Il faut simplement savoir que ce type de structures minérales provoquées par l'érosion s'appelle des « cheminées de fées », et que toute l'inspiration pour le récit vient de ce nom. (Et peut-être aussi de la dernière vidéo en date du Joueur du Grenier, Les jeux en vrac n°2, dans laquelle apparaît la Fée Clochette pour « casser des dents » selon l'expression du Joueur lui-même).
Voilà, bonne lecture !

Les Cheminées de fées

Chapitre 1 : L'ennui

Il y a une choses encore plus redoutée qu'une année de travail ennuyeux, ce sont les vacances ennuyeuses. Cette incurie prive de l'amusement que l'on espérait avoir. L'ennui entraîne donc la frustration. La frustration amène les idées folles. Les idées folles révèlent deux choses : le génie ou la stupidité.
En ce jour, Ambre et Noémie avaient vérifiées toutes les étapes de ce raisonnement. Malheureusement, c'était la stupidité qui avait prévalu chez elles. La stupidité entraîne des actes regrettables. Et ces actes ont des conséquences. Et c'est de cela qu'elles allaient se rendre compte.

Mais commençons par le commencement. C'est-à-dire par une matinée où les deux amies s'étaient réveillées trop tôt pour des vacances. Rien de prévu pour la journée. Bloquées par une panne de voiture à Ille-sur-Têt depuis cinq jours, et condamnées à attendre que l'un des garagistes de la ville revienne de vacances.
Lorsque les deux amies partaient en vacances, elles aimaient ne rien prévoir, et se laisser guider par les imprévus. Ainsi, elles n'étaient attendues nulle part, et n'avaient pas de planning à tenir. Lorsque le moteur de l'automobile lâcha, elles en furent d'abord amusées. C'était pour elles un signe du Destin, qui leur intimait de visiter la ville. Et lorsqu'elles s'aperçurent que tous les garagistes d'Ille-sur-Têt étaient en vacances, elles l'avaient pris comme une invitation à rester plus longtemps. Elles avaient loué une chambre d'hôtel sans problème. Elles en avaient les moyens. Ensuite, elles avaient visité le centre historique, et notamment l'église Saint-Étienne, une magnifique église mêlant l'art roman et le baroque. Elles s'étaient étonnées en écoutant les adolescents locaux continuer parler en catalan en ce début de XXI° siècle. Et elles avaient dégusté la cuisine locale, qui n'avait finalement rien d'exceptionnel. Ainsi avaient-elles tué leur premier après-midi sur place.
Le lendemain, elles avaient entendu parler des Orgues d'Ille-sur-Têt. C'étaient des cheminées de fées constituées de sable et érodées par le vent, situées à quelques kilomètres de la ville. Elles y étaient allée à pieds, ce qui leur avait pris deux heures. Elles avaient mangées grâce à la baraque à crêpes et aux marchands de pêches savoureuses installés près de la billetterie. Sur le chemin – gratuit – pour se rendre jusqu'aux Orgues, elles avaient admirés tantôt la beauté des ruisseaux, tantôt les sculptures modernes en fer forgé. Une fois sur le site proprement dit, elles avaient été émerveillées par les immenses piliers de sables, solidifiés quand il faisait beau mais en mouvement lorsqu'il pleuvait, sculptés par le vent dans des positions fantastiques et improbables, formant des sentiers sinueux sur plusieurs niveaux et jouant avec la végétation qui tentait de s'accrocher. Elles étaient restées quelques heures, jusqu'à ce que le gardien vint les avertir que le site fermait. Elles auraient voulu y rester la nuit. Elles rentrèrent à pieds et mangèrent au restaurant de l'hôtel. Ainsi passa le deuxième jour.
Le troisième jour, le centre-ville et les Orgues étaient déjà explorés. Par dépit, elles parcoururent la ville moderne à pieds, et testèrent deux restaurants. Elles commençaient déjà à se sentir désœuvrées. Ainsi passa le troisième jour.
Le quatrième jour, elles n'avaient plus rien à faire. Elles apprirent par hasard que la ville avait servi de cadre à la célèbre nouvelle fantastique de Prosper Mérimée intitulée La Vénus d'Ille. Elles trouvèrent un libraire, achetèrent une édition de poche du récit. Malheureusement, il était très court, et une heure plus tard, elles l'avaient achevé. Elles passèrent tout le reste de la quatrième journée à s'ennuyer.
Et en ce début de la cinquième journée, à court d'idées, et bloquées dans la ville, elles n'étaient absolument pas plus avancées.

Ambre sortait de la douche, couverte de sa serviette. Elle se regarda dans le miroir de la salle-de-bain de sa chambre d'hôtel. Elle y voyait une jeune fille de vingt ans. Plutôt petite, avec son mètre soixante-cinq. Ni maigre ni trapue. Les cheveux châtains clairs, coupés mi-long. Le visage rond où brillaient deux yeux noisettes.
Une autre femme fit irruption dans le miroir. Plus grande, avec son mètre soixante-quinze. Assez mince. Également âgée d'une vingtaine d'années. Elle avait de longs cheveux roux, qui retombaient sous ses épaules. Son visage fin était orné de deux yeux bleus et de quelques tâches de rousseur.
-Tu veux utiliser la salle-de-bain, Noémie ? demanda Ambre à l'arrivante.
-Oui, ça te dérange ? Répondit la rousse
-Non, je viens de finir, elle est libre, répliqua Ambre.
Et tandis que la Noémie s'enfermait pour se laver, Ambre se rhabilla et s'allongea sur son lit. Elle s'ennuyait, et se creusait la tête pour y remédier. Mais même en songeant elle était lasse. Elle rêvassait des deux premiers jours dans la ville, lorsque les idées folles lui vinrent. Malheureusement, ce n'était pas le génie qu'elles apportèrent à Ambre.

Noémie sortit de la douche toute propre. Dès qu'elle eut mit un pied dans la chambre, son amie l'interpela.
-Tu te souviens de notre visite aux Orgues ?
-Évidemment. C'était il y a trois jours, répondit la rousse.
-Tu te rappelles donc que nous aurions aimé resté là-bas la nuit, reprit Ambre.
-Nous n'avons pas pu, parce que le site fermait, fit remarquer Noémie.
-Justement. Mais une fois le gardien partit, qu'est-ce qui nous empêche d'y retourner.
-Tu veux faire quoi ?!
-Visiter un magnifique site naturel la nuit, et sans la présence des autres touristes. Qui ne rêve pas de faire la même chose ?
-Admettons. Mais qu'est-ce qui te fait dire qu'il n'y aura plus de gardien ?
-Parcequ'il n'y à rien à voler ou à vandaliser là-bas. Peut-être l'argent de la caisse, mais de toute façon, je n'ai pas envie de pénétrer par effraction dans la billetterie. Entre les Orgues, il n'y a que du sable et des cailloux.
-D'accord. Mais comment ferait-on pour rentrer ?
-Ça, on peut y réfléchir toute la journée. On a que ça à faire, de toute façon. Noémie, tu es partante ?
Cette dernière réfléchit un moment, avant de répondre simplement :
-OK.

Tout le reste de la matinée, les deux amies le passèrent à le réfléchir sur comment s'introduire sur le site des Orgues, aidées par les photos qu'elles avaient prises trois jours plus tôt. Elles s'interrompirent pour manger. En début d'après-midi, elles mirent leur plan en forme. Et ensuite, elles se procurent le matériel nécessaire.
Le soir, à l'heure où le site fermait, les deux jeunes femmes étaient à l'hôtel. Depuis ce point de départ, elles savaient qu'il leur faudrait deux heures pour aller jusqu'aux Orgues à pieds, et que dans ce laps de temps, le gardien du site serait sûrement parti. Elles enfilèrent des chaussures de marche, qu'elles avaient emporté dans leurs valises, et des sweats à capuche, qu'elles avaient acheté quelques heures plus tôt. Elles avaient également acquis une petite échelle coulissante. Dépliée, elle faisait trois mètres, assez pour franchir le grillage autour de l'accès au site. Repliée, elle faisait un mètre cinquante. Elle tenait tout juste dans la valise Noémie, à peine plus grande, et qui contenait également deux lampes-torche et un antivol.
Les deux amies prirent la valise, et sortirent de l'hôtel avec l'air naturel. Elles marchèrent tête découverte dans les rues d'Ille-sur-Têt. Idem lorsqu'elles sortirent de la ville. Cependant, à l'approche du parking de la billetterie, elles rabattirent leurs capuches sur la tête, afin d'éviter d'exposer leur visage à un éventuel système de vidéo-surveillance.
Elles auraient pu se rendre jusqu'au lieu en empruntant le sentier public. Mais cela les aurait forcé à passer devant la billetterie, et l'éventuel gardien qui s'y trouverait. Elles firent un détour, et s'arrêtèrent devant le grillage d'une propriété riveraine au chemin. Elles ouvrirent la valise, en sortirent le contenue, puis accrochèrent la valise à la grille grâce à l'antivol. Elles déplièrent l'échelette, entrèrent dans le jardin privé, et la firent basculer de leur côté.

Il était un peu plus de vingt-et-une heures. Le soleil commençait à se coucher. Mais pour le moment, la luminosité était encore très claire. Aussi, les deux intruses furent aperçues par la propriétaire des lieux.
En effet, en se retournant, Noémie et Ambre se rendirent compte qu'elles n'étaient pas seules dans le jardin. Une femme de trente ans, aux cheveux noirs, était en train d'arroser les plantes. Stupéfaites, les deux amies ne firent pas de geste. Ne sachant que faire, la femme aux cheveux noirs non plus. Avant de partir en courant vers sa maison, en hurlant « Au voleur ! Au voleur ! ».
Si elle n'avait pas prononcé ces paroles, la trentenaire n'aurait pas été poursuivie. Mais, lorsqu'elle commença à pousser ses cris, Ambre et Noémie comprirent qu'elle allait appeler la police. Elles se jetèrent à ses trousses. Elles la rattrapèrent dans l'entrée de sa maison. Noémie la plaqua sur le carrelage du couloir. La rousse plaqua sa main sur les lèvres de la résidente, tout en se débrouillant pour bloquer ses bras.
-Ambre, trouve quelquechose pour l'attacher ! Vite !
La jeune femme réfléchit à toute vitesse, et se souvint avoir vu une cabane dans le jardin. Elle s'y précipita, en souhaitant y trouver des liens efficaces. Sa prière fut exaucée. Parmi les outils de jardinage se trouvaient des rouleaux de cordes et un de scotch. Ambre revint à toute vitesse dans la maison, où son amie tentait tant bien que mal de maîtriser la propriétaire.
La petite intruse lia vite les mains de la trentenaire derrière le dos. Puis elle s'empara de ses chevilles et les attacha ensemble. Ambre en profita pour arracher les chaussettes de la prisonnière. Noémie, comprenant, retira sa main des lèvres de la victime. Cette-dernière tenta de hurler, mais au premier son, une de ses chaussettes vint emplir son palais, puis du tape vint sceller sa bouche. Après cela, les deux amies forcèrent la prisonnière à plier les cuisses, avant de créer un hogtie à l'aide d'une troisième corde.
-Ne vous en faîtes pas, commença Noémie, malgré les apparences nous ne vous voulons pas de mal. Mais il ne faut pas que vous puissiez appeler la police. Nous n'allons rien vous voler. Nous allons vous laisser ici pour la nuit. Et nous repasserons demain matin, pour vous délivrer. Viens, on s'en va, ajouta la rousse à l'adresse de sa compagnonne.

Les deux intruses quittèrent la maison, en refermant la porte.
-Qu'est-ce qu'on va faire d'elle ? demanda Ambre, anxieuse
-Comme je viens de le dire. On la délivre demain.
-Tu es sûre ? Elle risque de nous dénoncer.
-On verra demain. On s'arrangera avec elle pendant que nous la délivrerons. En attendant, profitons du spectacle des Orgues la nuit.
-Tu penses qu'on va pouvoir en profiter, en pensant à demain ?
-Ambre, de toute façon, c'est toi qui a eu l'idée de venir. Et tu n'avais pas pensé à la possibilité de croiser quelqu'un sur notre route dans ton plan. Ce n'est pas toi qui va nous dire de revenir en arrière maintenant.
-C'est vrai, tu as raison. On verra demain.

Avec l'échelle, elles passèrent le grillage par l'autre côté, et atterrirent sur le chemin. Elles le suivirent en portant l'échelette jusqu'à l'entrée des Orgues. Là, une autre barrière les attendait, qu'elles franchirent aussi aisément.
Voilà, elles s'y trouvaient. Seules au milieu des cheminées de fées. La nature leur offrait ce spectacle rien que pour elle. Le Soleil achevait son coucher, le ciel rouge flamboyant s'assombrit puis devint noir et étoilé. Les deux amies allumèrent leurs lampes-torches, afin de voir le site sous cet angle inédit. Émerveillées par le jeu de lumières et d'ombres sur les colonnes de sable luisante, elles parcourent tous les sentiers, testant les différentes compositions ombrageuses possibles, avec une ou deux torches.
Au bout d'une demie-heure, elles avaient fini le tour des Orgues.
-Qu'est-ce qu'on fait, maintenant ? demanda Ambre. On va délivrer notre prisonnière, on la persuade de ne pas porter plainte et on rentre se coucher ?
-Attends, on en profite un peu. Après toi, c'est toi qui a voulu qu'on vienne ici. Ça te dit de jouer à cache-cache ?
-A cache-cache ? Mais tu as quel âge Noémie ? Noémie ? Noémie ?!
Trop tard. La rousse avait déjà éteint sa lampe, et s'était éclipsé dans l'obscurité profonde des ombres des piliers de sable.
-Très bien, je vais te trouver ! déclara Ambre, finalement amusée.
Et elle partit chercher son amie, du mauvais côté du site.

Trente minutes durant, la jeune femme chercha son amie en vain dans un sentier à l'ouest. Elle ne se doutait pas que sa compagnonne était cachée loin au nord. Fatiguée, Ambre s'assit. Elle enleva sa capuche, dévoilant à nouveau ses cheveux châtain clair.
Sa lampe-torche, posée au sol, éclairait de manière fixe quelques cheminées-de-fées. Toutefois, elle vit quelques étincelles jaunes et vertes se refléter sur les piliers. Elle les attribua à une quelconque espèce de lucioles, en oubliant qu'il n'y en avait pas dans la région.
-Peut-être que le site est fermé la nuit, afin de nous cacher qu'il y a vraiment des fées qui vivent dans leurs cheminées, pensa-t-elle amusée à haute voix.
-Et comment ! répondit une petite voix féminine derrière elle
Ambre se retourna, et faillit s'étrangler de surprise.

Tchocobo

Re: Les Cheminées de fées

Message par Tchocobo »

Génial, vivement la suite :bravo:
Les rousses aux yeux bleus c'est rare, mais magnifique :p

nonobound
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Ce que j'adore : et bien ce que j'adore, beaucoup de chose, j'aime aussi bien ressentir les cordes se serrées sur moi, que d'attacher la personne avec qui je pratique occasionnellement.
comme lien j'adore les menottes, le froid au début j'adore, et le fait de se dire que sans la clé on ne peut rien faire
Ce que je déteste : ce que je déteste je ne sais pas encore en fait, vu que je n'ai que très peu d'expérience
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Re: Les Cheminées de fées

Message par nonobound »

j'adore les histoires mélant bondage et mythes
vivement la suite

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Mad Hatter
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Ce que je déteste : Le manque de respect envers autrui, les bettraves, les chiens quand ils veulent jouer avec les cyclistes ;p
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Re: Les Cheminées de fées

Message par Mad Hatter »

C'est une bonne mise en bouche, sur un nouveau monde :miam:
De l'Ordre nait le Chaos.
Ou est-ce l'inverse ?
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Bouya2

Re: Les Cheminées de fées

Message par Bouya2 »

Merci de vos lectures :)
Tous les chapitres de cette histoire sont déjà écrits. Mais j'ai une connexion internet plus que foireuse. Et je me déconnecte toutes les 10 minutes, dans le meilleur des cas. C'est d'ailleurs pour ça que je participe moins qu'avant.
Mais je vais essayer de faire ce que je peux pour au moins réussir à poster l'intégralité de l'histoire. Voici le chapitre 2, bonne lecture !

Chapitre 2 : La magie

Une fée se trouvait devant elle ! Une toute petite femme, grande comme une main d'humain, volant grâce à des ailes de libellule dans son dos, et entourée d'un halo bleu. Elle ressemblait à une humaine miniature, mais à cause de sa petitesse et du halo, Ambre ne parvenait pas à distinguer quoique ce soit de sa tête, si ce n'est ses cheveux blonds. Elle portait une sorte de robe, qui la couvrait de la base du bassin jusqu'au sommet des cuisses, faite d'une matière qu'Ambre pensait déjà avoir vu.
-Vous... Vous existez vraiment ? balbutia l'humaine.
-Ça dépend. Combien de litres d'alcool as-tu bu ce soir ? répliqua la fée
-Aucun, mademoiselle, répondit Ambre.
-Alors, il faut croire que nous existons.
-Pourquoi ne vous montrez-vous jamais aux humains ? choisit l'intruse parmi les milliers de questions qu'elle avait en tête
-Pourquoi n'apparaissons-nous plus, tu veux dire. Jadis, les fées visitaient occasionnellement les humains. En des temps éloignés, où les habitants des villages étaient plus nombreux que ceux des villes, et où les villes mêmes étaient minuscules comparées à aujourd'hui. Cependant, depuis plus de deux siècles, les humains sont de plus en plus nombreux, et leurs villes de plus en plus grandes et bruyantes. Or, nous autres les fées, nous détestons le bruit. C'est pourquoi nous nous sommes retirées dans nos demeures. Celles que vous nommez à juste titre « cheminées de fées », en ignorant que vos ancêtres avaient choisi ce nom en se basant sur la réalité.
-Pourquoi laissez-vous les humains visiter les Orgues, si vous détestez tant que ça le bruit ?
-Nous tolérons les visites le jour, car nous sommes éveillées à ce moment là. Nous vaquons à nos occupations, à l'intérieur des cheminées. Mais le site est fermé la nuit, car le bruit nous empêche de dormir.
-Vos occupations ?
-Oui. Il y a toute une ville sous les cheminées. Et donc, des centaines de métiers. Humaine, sais-tu ce que signifie mon aura bleu ?
-Non.
-Que je suis policière. Seules les fées policières ont le droit d'avoir l'aura bleu.
-Vous avez une police ?
-Bien sûr. Nous sommes civilisées. Et tu sais de quoi est faite ma robe ?
-De magie pure ou de soie d'araignée ! tenta Ambre candidement.
La fée bleue éclata de rire.
-C'est du latex ! informa-t-elle
-Du latex ? répondit l'intruse incrédule
-Nous sommes des fées civilisées et modernes ! Regarde autour de toi, pour voir.
Ambre parcourut du regard les alentours. Elle avait les yeux qui pétillaient, tandis qu'elle apercevaient plusieurs dizaines de fées, nimbées d'auras jaunes ou vertes, toutes vêtues de la même robe. Elle vit également quelques autres fées bleues, qui se groupaient derrière son interlocutrice.
-Vois-tu, reprit la fée policière, ce sont toutes d'honnêtes travailleuses, qui œuvrent toute la journée, et qui aimeraient bien dormir la nuit. Malheureusement, le bruit les en empêche. C'est pourquoi je dois faire mon travail afin d'assurer leur bien-être.
-Mais vous êtes policière !
-Exactement. En vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je vous arrête pour tapage nocturne. Les filles, passez-lui les menottes.

A ces mots, les autres fées bleues voltigèrent autour de l'intruse. De longues cordes dorées apparurent entre leurs doigts. Deux fées tenaient les extrémités de chaque lien.
Ne comprenant rien à ce qui lui arrivait, Ambre n'eut pas la présence d'esprit de réagir. Déjà, deux fées tournoyaient autour de ses mains, les lui attachaient dans le dos grâce à leur corde magique. Deux autres, dans un ballet aérien, passaient un autre lien au-dessus de la poitrine et liaient les bras au torse. Encore deux autres créatures faisaient de même au niveau du nombril. Quatre autres immobilisaient les genoux et les chevilles.
Une fois cela fait, les onze fées bleues joignirent leurs efforts, et se pressèrent contre le ventre d'Ambre. Elles poussèrent, et la firent tomber à la renverse. Alors, les liens se mirent à briller doucement, signe que l'immobilisation était efficace. Pour la captive, la sensation était étrange : les liens en eux-mêmes semblaient lâches ; mais elle ressentait une force qui maintenant ses membres étroitement serrés, ne lui permettant plus que de remuer très légèrement.
-Vous n'allez pas me laisser comme ça ! cria l'intruse ligotée et affolée
-Bien sûr que si. Il fallait y penser avant, répondit la cheffe des fées policières. Et maintenant silence, mes concitoyennes veulent dormir.
Sur ce, l'être magique caressa les lèvres de la prisonnière. Une bande collante, lisse et dorée apparut par-dessus, bâillonnant ainsi l'humaine. En même temps, la captive sentit une énergie chaude emplir son palais, se solidifier, immobilisant ainsi sa langue.
-Oh, une dernière chose... se souvint la cheffe.
Deux fées policières pincèrent le nez d'Ambre. Complètement paniquée, ne pouvant plus respirer par le nez et incapable de desceller les lèvres, l'humaine se débattit et rua, à la recherche d'un peu d'air. Avant de se rendre compte que même si son bâillon collait ses lèvres et emplissait son palais, elle avait la bouche entrouverte dessous et que l'oxygène passait par là.
La cheffe reprit la parole :
-Cela avait pour but de te montrer deux choses. Tu ne peux ni couper ni dénouer tes liens, d'aucune manière que ce soit. Et tu ne peux ni t'étouffer ni avoir un problème de circulation sanguine. En outre, tu peux rester attachée des heures dans la même position sans ressentir la moindre douleur. Tout ceci est normal, tu es emprisonnée par du matériel magique. Et maintenant, braves dames, dispersez-vous ! L'incident est clôt, vous pouvez retourner vous coucher, le bruit est résolut.
Et sur ce, la foule des fées vertes et jaunes se disloqua, et elles rentrèrent chez elles, ce qui laissait Ambre ligotée sur le sol.
L'une des fées policières lui lança :
-Si ton amie vient par ici nous troubler, nous serons obligées de sévir de la même façon.

nonobound
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Re: Les Cheminées de fées

Message par nonobound »

voila qui est vraiment une histoire très très intéressantes franchement j'adore, vivement la suite

Tchocobo

Re: Les Cheminées de fées

Message par Tchocobo »

génial :bravo:

The Wraith
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Re: Les Cheminées de fées

Message par The Wraith »

« Ceux qui rêvent éveillés ont conscience de mille choses qui échappent à ceux qui ne rêvent qu’endormis. »
de Edgar Allan Poe
Extrait de Eléonora

dark gentleman

Re: Les Cheminées de fées

Message par dark gentleman »

Original comme histoire. Des fées ligoteuses voilà de quoi dépoussiérer de vieux mythes. Continue comme ça Bouya. Deux filles sur trois déjà prisonnières... j'attends la suite avec impatience :D

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Mad Hatter
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Re: Les Cheminées de fées

Message par Mad Hatter »

Je me demande ce que tu as en tête Bouya, la suite à ta prochaine connexion avec impatience
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Jervis Tetch dans L'asile d'Arkham


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