Veuillez ignorer ce que j'ai écrit plus haut. Idiot comme je suis, je me suis laissé abuser par un fake...
En fait, quand j'ai vu ça, j'ai pensé que ça plairait au forum, et je n'ai pas pensé à vérifier la véracité de l'information.
En réalité, je ne connais très bien qu'une partie du Moyen-Âge : la période carolingienne, délimitée par convention de la Bataille de Poitiers en 732 jusqu'à la mort de l'empereur Charles le Gros en 888. Par contre, je ne suis pas très bon pour ce qui précède et ce qui suit. En fait, pour tout dire, jusque-là, je suis plutôt spécialisé dans les XIX° siècles français et américains, ce qui est peu en rapport avec la période médiévale.
Il se trouve que je suis tombé dans le piège classique de l'obscurantisation du Moyen-Âge. En effet, au XVI° siècle, puis au XIX° siècle, son image a été très salie. Exemple : les sorcières : on fait vraiment très peu mention des sorcières au Moyen-Âge. et on a pas de preuve de l'existence de chasses aux sorcières à cette époque. On a même un capitulaire signé par Charlemagne (donc période carolingienne, la période que je connais bien) qui dit que les sorciers n'existent pas ; en conséquence, louer les services ceux qui se prétendent sorciers n'étaient pas considérés comme un pêché envers l’Église, mais ça restait une perte inutile d'argent. Et ce raisonnement était tenu au VIII° siècle ! Au passage, ça montre qu'il y avait encore des
sorciers, mais c'est normal, car ce terme désignait les derniers prêtres païens celtiques et germaniques - l'Europe de l'Ouest (hors Espagne musulmane) finissant sa conversion totale au christianisme sous le règne de Charlemagne.
Autre exemple d'obscurantisation : la Terre plate. A aucun moment on a douté de la rotondité de la Terre, depuis que les Grecs antiques l'avaient découverte. Le mythe de la Terre plate a été fondé au XIX° siècle (l'autre période que je connais bien) sur la base de UN livre, écrit au XI° siècle par un clerc dément, qui prétendait que la Terre était plate mais également que les hommes et les chiens pouvaient se reproduire ensemble...
Mais je digresse vraiment là. Pour me faire pardonner, je vais vous donner l'étymologie des mots
domina et
dominatrice.
Domina signifie en latin classique "la maîtresse de maison".
Toutefois,
domina apparaît comme licence poétique au I° siècle av. JC. Il est inventé par un groupe de poètes nommés les Élégiaques, dont le credo peut être résumé par deux phrases : "Faîtes l'amour, pas la guerre", et "Le retour à la terre". Ce terme est directement opposé à
dominus, le maître, ici utilisé dans le sens purement guerrier.
Dominus est donc la forme masculine originelle, affiliée à Mars, le Dieu de la Guerre ; et
domina la nouvelle forme féminine, liée à Vénus, la Déesse de l'Amour. De plus, le poète prétendant qu'il a une
domina dit qu'il ne peut pas se battre, puisqu'il est son
servus, littéralement "son esclave" !
D'ailleurs, Tibulle avait écrit dans les
Élégies ces quelques vers :
Te bellare decet terra, Messalla, marique,
ut domus hostiles praeferat exuuias :
me retinent uinctum formosae uincla puellae,
et sedeo duras ianitor ante fores.
C'est à toi qu'il convient, Messalla, de faire la guerre sur terre sur terre et sur mer, pour que ta demeure expose les dépouilles ennemies : moi les chaînes d'une belle amie m'enchaînent, et je reste assis devant une porte dure.
Et oui, Tibulle a parlé cash de bondage pour ne pas partir en guerre. Ce qui lui a valut d'être amené de force au front par ledit Messalla... Où il s'est d'ailleurs laissé tué par l'ennemi, soit à cause de sa dépression, soit à cause d'une hypothétique lettre de rupture envoyée par sa domina. Mais je digresse, je digresse.
Bon, reprenons : le terme
domina apparaît donc en latin pour désigner matériellement la maîtresse des esclaves, mais avant tout pour désigner la maîtresse du cœur. D'ailleurs, ce sens est resté en français dans une des significations du mot
maîtresse.
De là, le terme
domina se répand dans le latin, où il prend une place proche du terme
uxorem, qui se traduit par "épouse". C'est ainsi que
domina revient au sens de maîtresse de la
domus - c'est-à-dire de la "maison", dont elle était une lointaine dérivation. Il en devient alors le sens le plus courant.
Et, ce qui est notable, c'est qu'alors le terme
domina évolue pour conserver son sens premier : apparaît alors le mot...
dominatrix !
Conservé en tant que tel en anglais et en espagnol, et qui a donné le français
dominatrice.
Voilà voilà. avec toutes mes excuses pour ma méprise précédente
