Je suis à la terrasse d’un café , à l’affût , d’un haussement d’épaule , d’un geste de fragilité ,d’un galbe qui se dévoile , de tout ces petits riens qui passent en un éclair et que j’essaie de retenir maladroitement dans le fil de ma mémoire . mes pensées m’emportent , je rêve , il faut beau mais pas trop chaud .
Tout à coup les volutes d’une fumée me sortent de ma torpeur , elles chatouillent mes narines . en tournant la tête , au bout des volutes je vois une cigarette , au bout de la cigarette une main , puis un bras , une chevelure brune , une silhouette , et un regard pénétrant qui se plonge dans le mien . je détourne la tête aussitôt , choqué que l’on puisse ainsi soutenir mon regard . j’aurais pu lui sourire, je repose à nouveau mon regard sur la silhouette , mais il est trop tard elle regarde ailleurs . je me replonge dans ma rêverie , happant au passage la cambrure des passantes allégées par la perspective d’une après midi de shopping. Mais la fumée revient au gré de la bise me rappelant au souvenir des yeux aux cheveux noirs . alors je me plonge dans mon livre cherchant à fuir ce monde bassement matérialiste et me réfugiant dans la saine discipline de l’intellect . Alors que le vent tourne , les volutes disparaissent et mon cauchemar devient de ne plus sentir à mes côtés la silhouette ; qu’elle disparaisse à jamais . un coup d’œil me rassure , elle est toujours là . afin de ne pas perdre une miette de la silhouette aux yeux affamés , je change de position sur mon siège , grâce à une contorsion des plus habiles et réalisée avec un grand naturel .
Mais que fait la main ? elle vient de tuer la cigarette dans un cendrier . l’inconnue est maintenant sur le départ et en quelques instant , il ne reste de trace de son passage que dans les derniers bouffées de parfum emportés par le vent. Que j’aurais en ce moment précis , souhaité avoir un bocal afin d’y conserver ce merveilleux parfum , mais il restera gravé dans les limbes de ma mémoire , avant de s’y perdre comme tous les autres . alors que désespérément , je cherche les dernières traces invisible de l’inconnue , je remarque au sol , une pièce de tissu à l’emplacement même ou elle se trouvait . je le prend en mais , c’est un mouchoir . humant son parfum , à distance respectueuse , comme pour en pas l’endommager , je constate qu’il est le même que dans ma mémoire , l’inconnue , appartient bien à ce mouchoir , dernier vestige oublié de son passage .
Il se fait tard , maintenant , trop de souvenirs douloureux se sont entassés à la terrasse de ce café , et il est temps pour moi de rentrer afin de jouir de mon trophée .
C’est une fois entré chez moi , et décachetant le linge perdu , que je découvre brodé en fil plus clair un nom . Ma perspicacité me conduit donc à penser qu’il s’agit de la personne qui appartient à ce mouchoir , et que ce mouchoir doit beaucoup tenir à elle . aussi je me lance dans une enquête sans précédent ne me prenant pas plus de deux heures afin de déterminer avec précision l’adresse des yeux aux cheveux noirs . mon premier défi étant réussi , je me retrouve avec une liste de candidates plus importante que prévues .
Comment faire alors , appeler chaque personne sur la liste ou bien se rendre sur place , ou bien encore retourner au café , et y passer toutes les après midi jusqu’à ce que l’inconnue réapparaisse ? au petit matin , une nuit sans sommeil , passé entre l’hésitation de la marche à suivre , et l’enivrement incessant du morceau de tissu importun , sans cesse porté à mes narines pour ne pas en perdre une effluve, alourdit mes paupières .
Au matin , donc ma résolution est prise me séparer de ce mouchoir embrassant au plus vite . j’élimine donc toutes les adresses trop loin du café , et je retiens une adresse au hasard parmi … une .
Je me rends sur place , et après une minutieuse reconnaissance des lieux , je me lance à l’assaut de la forteresse , enfin je veux dire de l’immeuble . sonnant la charge , et prêt à bondir sur la boite aux lettres afin d’y déposer le chiffon , je me heurte à la porte du hall d’entrée désespérément sourd à tous mes assaut . c’est alors que je regrette de ne pas avoir approfondi mon étude du ZUN TSU , qui m’aurait sans doute permis de savoir quoi faire en telle situation . a moi s’offre deux choix : soit attendre qu’une personne daigne sortir de l’immeuble , afin de m’y glisser subrepticement , et dans la foulée jeter le mouchoir dans la boite aux lettres , soit appuyer sur le bouton interphone , pour annoncer ma visite . le courage étant pour moi un concept aussi flou qu'irréel , je décide donc d’attendre devant la porte . Me rendant alors compte que l’inconnue pourrait tout aussi bien sortir de l’immeuble et que je risque de me retrouver face à elle , pour justifier ma visite , il me paraît plus prudent de prendre les devants et de l’attaquer de front . Aussi je me résous la mort dans l’âme à appuyer sur le bouton interphone .
« OUI » la silhouette a une voix , merveilleuse découverte
« hem , je crois que vous avez perdu un mouchoir … il est à votre nom … »
« MONTEZ » ne sachant trop si cette requête est formulée sur le ton de l’invitation , ou bien de l’ordre , et d’autre part ignorant totalement ce que j’encoure à résister , je décide d’obtempérer.
Cinq étages plus tard , je suis enfin devant l’appartement la porte entrouverte laisse apparaître les yeux profond surplombant la silhouette ornée de sa chevelure ébène .
Je vous passe ici les échanges de banalités propres à deux personnes qui font connaissance et qui conduisent mon hôtesse pleine de reconnaissance et émerveillée par mon épopée rocambolesque à m’offrir une boisson chaude pour me remettre de mes émotions , pour en venir à la suite de mon récit . car je sens déjà la tête me tourner , et dans un brouillard indescriptible , j’entends une voix lointaine , m’expliquer qu’elle attendait ma venue , et que loin d’avoir égaré son mouchoir , c’était bien intentionnellement qu’il m’avait conduit jusqu’à elle .
J’ai perdu la notion du temps à vrai dire , je ne sais pas s’il fait jour ou nuit c var quelque chose sur mes yeux m’empêche de voir . mon corps semble enlacé dans des cordes ou des liens , je ne saurais dire , je ne peux pas bouger mes bras , ni mes pieds , je suis allongé sur un lit il me semble , un bâillon entrave ma bouche aucun son audible ne peut en sortir , je me rebelle , je tente de m’extirper de ces liens , mais rien à faire , je transpire , ma respiration entravée est difficile , mes veines tambourinent vigoureusement sur mes temps . combien de temps , je résiste comme cela , je ne saurais dire , mes narines sentent à nouveau la cigarette , j’entends l’inconnue souffler des bouffées de cigarette , je sens son parfum , le parfum de son mouchoir , et doit être assise quelque part dans la pièce à observer mes efforts désespérés pour tenter de sortir de mes liens , elle ne dit rien , fume , et observe .
a suivre
un début d'histoire
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- voldenuit
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- Ce que je déteste : la vulgarité
un début d'histoire
Mais tout finit toujours par s'arranger .... même mal ...
- Emma
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j aime les bons chocolats, le tiramisu, le beaume de Venise
Rire lire et écrire - Ce que je déteste : les obsédés, les curieux mal intentionnés, les trolls, les prétentieux et les pédants
le bâillon, les épinards, le fromage qui ne sent pas bon
Re: un début d'histoire


J'ai hate de lire la suite




- voldenuit
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Re: un début d'histoire
À force de me débattre dans mes liens , mon corps est couvert de transpiration , mes membres glissent l'un contre l'autre . Enveloppé solidement , la sensation d’épuisement se fait ressentir . À bout de force je m'effondre , les lien me serrent les membres , j'essaie de reprendre mon souffle , en respirant par le nez , et la bouche à travers le bâillon . Épuisé à plat ventre je repose à côté d'elle comme le taureau épuisé au côté du matador . Elle ne bouge toujours pas . Le silence se répand alors dans la pièce laissant place à une mer d'éternité . Reprendre mes esprits . L'éternité … la mort … est ce comme cela ? Je ne peux m'empêcher en un instant aussi tragique de me demander quel est l'auteur de la citation suivante : « l'éternité c'est long ...surtout , vers la fin ... »une vague me submerge alors , un flot d'émotions contradictoires , entre les sanglots , le rire étouffés par l'épaisseur de mon bâillon . Je sais alors pas très bien si je dois me réjouir de mon sort , ou bien le déplorer . Les volutes de fumée me parviennent encore à intervalles semblant réguliers , piquant mes narines , et rythmant mon agonie . Je m’aperçois alors que trop absorbé à tenter de m'extirper de mes liens , je n' ai pas encore réellement fait le point sur ma situation , mes bras me font mal . Aux coudes et aux poignets , ils sont tirés vers l'arrière . Des cordes , enserrent mes genoux au dessus et en dessous , je les sens , aux chevilles aussi . Mes pieds et mes mains semblent reliés ensemble par un corde également mon torse , entre mes jambes, semblent également parcourus de corde . Il semble également qu'on bandeau me couvre le visage . Je n'ai pas froid , mais je ne reconnais pas la texture de mes vêtements . Mes jambes nues frottent l'une contre l'autre et il semble que je sois enroulé dans une sorte tissu me couvrant entièrement le corps , difficile d'en dire plus pour le peu que je puisse dire .les parties de mon corps en contact l'une avec l'autre sont trempées de transpiration , qui par endroit mouille le tissu qui m'enveloppe J’entends l’inconnue , ses pas sur ce qui semble être un parquet , au bruit , que font les semelles sur le sol , je pense qu'il s'agit de chaussures à talon . Les pas se rapprochent ; des mains semblent tirer sur mes liens , que fait elle ? La tension sur les cordes se raffermit , et mes jambes sont un peu plus tirées vers l'arrière en tirant sur mes bras un peu plus . Cela m'oblige à me cambrer un peu plus , et m'immobilise dans une situation très inconfortable . Satisfaite de son travail , et retourne d'où elle vient , ce qui semble être à quelques pas , à côté et en retrait de ce qui semblent être un lit . Elle ne m'a encore rien dit , depuis que je suis attaché sur ce lit . Mes pensée vagabondent alors vers cette femme que j'ai pu observer à loisir lorsque nous discutions . une voix sensuelle, une allure légère , un regard profond , un nez fin une bouche faite pour faire glisser les mots sur la langue , une intelligence certaine, un raffinement aussi .. une personnalité peu commune, et très attirante , peut être par l’énigme qu'elle laisse percevoir . Au premier regard j'aurais pu déjà tout dire d'elle de ce que je sais déjà , mais je n'en sais pas plus à présent , peut être est ce là tout ce qu'elle a à offrir : une énigme sans solution . Tout à coup je prends conscience que dès le premier regard , je me suis senti attiré par sa présence . Un profond sentiment de désir m'envahit alors . Désir de cette femme de la posséder entièrement rien qu'à moi , à moi seul . Je sens mon corps se redresser , l'adrénaline décupler mes forces , et le désir de chevaucher fièrement comme un destrier cette femme , comme ma chose . Mais aussi résolu , déterminé et entièrement tourné vers mon objectif , les liens , se font prison , mon corps déjà affaibli par mes premiers soubresauts , est incapable de produire plus qu'un déhanchement . Mon corps me brûle , mon désir , à mesure, augmente , et avec lui mon impuissance à prendre possession de mon bien . Cette femme me nargue , et m'observe , comme on pourrait observer un poisson dans un bocal . À bout de force , le corps tendu de désir vers cette femme , j'abdique , haletant , je me rends , et me couche sur le côté , quémandant le moindre geste , la moindre parcelle de respiration , de talon qui claque sur le sol pour solde de tout compte .ma complainte étouffé par le bâillon la supplie de venir à bout de mon désir , d'achever mon calvaire et d'en finir avec ce désir qui me ronge les entrailles .
Sanglotant à nouveau , hurlant , gesticulant , je sens mon crâne se liquéfier , mes membres se désarticuler , mon corps dans tout ce qui lui restait de dignité changer de propriétaire , et se soustraire à mon autorité je ne suis devenu qu'une âme une âme errante dans l'infini , une âme reniée par son propre corps , une âme sans but sans issue . Comment savoir si de ce pitoyable spectacle de moi même la femme se délecte , s'amuse , ou bien alors s'ennuie . Elle m'offre si peu d'elle même , si peu alors que je lui ai tout donné . Et elle semble ne rien vouloir de moi . Ou bien alors que veut elle de plus , que cherche elle à obtenir de moi que je lui aie pas encore donné ? Ou bien a-t-elle déjà tout ce qu'elle veut ? Et ne m'offrira t'elle alors jamais rien ? Autant de question si peu de réponses . Lorsque l'on est une âme à la dérive , les question se chevauchent et jamais les réponse apparaissent . Comme si elle savait que j'attends le moindre frémissement de sa part , je pense qu'elle fait justement exprès de ne pas laisser paraître le moindre indice de sa présence , et pourtant je sais qu'elle est là tout près de moi , enfin je veux dire de ce corps qui ma excommunié …
un bruit résonne alors dans mon crâne , prenant à contre pied le peu d'esprit qui ne m'avait encore pas déserté . Je ne comprends pas de quoi il s'agit , ce bruit résonne , faiblement mais bien présent , un mélodie , une musique , non , je me souviens il s'agit de sa voix :
« Maintenant que j'ai obtenu tout ce que je voulais de toi , tu es en droit d'exiger tout ce que tu veux de moi »
l'heure de la délivrance a sonné , comme le glas des trépassés , en enterrant définitivement
les certitudes que je tenais pour acquises .
Sanglotant à nouveau , hurlant , gesticulant , je sens mon crâne se liquéfier , mes membres se désarticuler , mon corps dans tout ce qui lui restait de dignité changer de propriétaire , et se soustraire à mon autorité je ne suis devenu qu'une âme une âme errante dans l'infini , une âme reniée par son propre corps , une âme sans but sans issue . Comment savoir si de ce pitoyable spectacle de moi même la femme se délecte , s'amuse , ou bien alors s'ennuie . Elle m'offre si peu d'elle même , si peu alors que je lui ai tout donné . Et elle semble ne rien vouloir de moi . Ou bien alors que veut elle de plus , que cherche elle à obtenir de moi que je lui aie pas encore donné ? Ou bien a-t-elle déjà tout ce qu'elle veut ? Et ne m'offrira t'elle alors jamais rien ? Autant de question si peu de réponses . Lorsque l'on est une âme à la dérive , les question se chevauchent et jamais les réponse apparaissent . Comme si elle savait que j'attends le moindre frémissement de sa part , je pense qu'elle fait justement exprès de ne pas laisser paraître le moindre indice de sa présence , et pourtant je sais qu'elle est là tout près de moi , enfin je veux dire de ce corps qui ma excommunié …
un bruit résonne alors dans mon crâne , prenant à contre pied le peu d'esprit qui ne m'avait encore pas déserté . Je ne comprends pas de quoi il s'agit , ce bruit résonne , faiblement mais bien présent , un mélodie , une musique , non , je me souviens il s'agit de sa voix :
« Maintenant que j'ai obtenu tout ce que je voulais de toi , tu es en droit d'exiger tout ce que tu veux de moi »
l'heure de la délivrance a sonné , comme le glas des trépassés , en enterrant définitivement
les certitudes que je tenais pour acquises .
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Rire lire et écrire - Ce que je déteste : les obsédés, les curieux mal intentionnés, les trolls, les prétentieux et les pédants
le bâillon, les épinards, le fromage qui ne sent pas bon
Re: un début d'histoire
Voilà une seconde partie qui ne laisse pas de marbre
J'aime beaucoup le vocabulaire que tu utilises, et ces descriptions presque poétiques, c'est un mélange, doux sensuel, u peu sauvage, un mélange des sens , au milieu des émotions intimes, c'est sublime

J'aime beaucoup le vocabulaire que tu utilises, et ces descriptions presque poétiques, c'est un mélange, doux sensuel, u peu sauvage, un mélange des sens , au milieu des émotions intimes, c'est sublime




