un début d'histoire
Publié : 30 déc. 2012, 08:56
Je suis à la terrasse d’un café , à l’affût , d’un haussement d’épaule , d’un geste de fragilité ,d’un galbe qui se dévoile , de tout ces petits riens qui passent en un éclair et que j’essaie de retenir maladroitement dans le fil de ma mémoire . mes pensées m’emportent , je rêve , il faut beau mais pas trop chaud .
Tout à coup les volutes d’une fumée me sortent de ma torpeur , elles chatouillent mes narines . en tournant la tête , au bout des volutes je vois une cigarette , au bout de la cigarette une main , puis un bras , une chevelure brune , une silhouette , et un regard pénétrant qui se plonge dans le mien . je détourne la tête aussitôt , choqué que l’on puisse ainsi soutenir mon regard . j’aurais pu lui sourire, je repose à nouveau mon regard sur la silhouette , mais il est trop tard elle regarde ailleurs . je me replonge dans ma rêverie , happant au passage la cambrure des passantes allégées par la perspective d’une après midi de shopping. Mais la fumée revient au gré de la bise me rappelant au souvenir des yeux aux cheveux noirs . alors je me plonge dans mon livre cherchant à fuir ce monde bassement matérialiste et me réfugiant dans la saine discipline de l’intellect . Alors que le vent tourne , les volutes disparaissent et mon cauchemar devient de ne plus sentir à mes côtés la silhouette ; qu’elle disparaisse à jamais . un coup d’œil me rassure , elle est toujours là . afin de ne pas perdre une miette de la silhouette aux yeux affamés , je change de position sur mon siège , grâce à une contorsion des plus habiles et réalisée avec un grand naturel .
Mais que fait la main ? elle vient de tuer la cigarette dans un cendrier . l’inconnue est maintenant sur le départ et en quelques instant , il ne reste de trace de son passage que dans les derniers bouffées de parfum emportés par le vent. Que j’aurais en ce moment précis , souhaité avoir un bocal afin d’y conserver ce merveilleux parfum , mais il restera gravé dans les limbes de ma mémoire , avant de s’y perdre comme tous les autres . alors que désespérément , je cherche les dernières traces invisible de l’inconnue , je remarque au sol , une pièce de tissu à l’emplacement même ou elle se trouvait . je le prend en mais , c’est un mouchoir . humant son parfum , à distance respectueuse , comme pour en pas l’endommager , je constate qu’il est le même que dans ma mémoire , l’inconnue , appartient bien à ce mouchoir , dernier vestige oublié de son passage .
Il se fait tard , maintenant , trop de souvenirs douloureux se sont entassés à la terrasse de ce café , et il est temps pour moi de rentrer afin de jouir de mon trophée .
C’est une fois entré chez moi , et décachetant le linge perdu , que je découvre brodé en fil plus clair un nom . Ma perspicacité me conduit donc à penser qu’il s’agit de la personne qui appartient à ce mouchoir , et que ce mouchoir doit beaucoup tenir à elle . aussi je me lance dans une enquête sans précédent ne me prenant pas plus de deux heures afin de déterminer avec précision l’adresse des yeux aux cheveux noirs . mon premier défi étant réussi , je me retrouve avec une liste de candidates plus importante que prévues .
Comment faire alors , appeler chaque personne sur la liste ou bien se rendre sur place , ou bien encore retourner au café , et y passer toutes les après midi jusqu’à ce que l’inconnue réapparaisse ? au petit matin , une nuit sans sommeil , passé entre l’hésitation de la marche à suivre , et l’enivrement incessant du morceau de tissu importun , sans cesse porté à mes narines pour ne pas en perdre une effluve, alourdit mes paupières .
Au matin , donc ma résolution est prise me séparer de ce mouchoir embrassant au plus vite . j’élimine donc toutes les adresses trop loin du café , et je retiens une adresse au hasard parmi … une .
Je me rends sur place , et après une minutieuse reconnaissance des lieux , je me lance à l’assaut de la forteresse , enfin je veux dire de l’immeuble . sonnant la charge , et prêt à bondir sur la boite aux lettres afin d’y déposer le chiffon , je me heurte à la porte du hall d’entrée désespérément sourd à tous mes assaut . c’est alors que je regrette de ne pas avoir approfondi mon étude du ZUN TSU , qui m’aurait sans doute permis de savoir quoi faire en telle situation . a moi s’offre deux choix : soit attendre qu’une personne daigne sortir de l’immeuble , afin de m’y glisser subrepticement , et dans la foulée jeter le mouchoir dans la boite aux lettres , soit appuyer sur le bouton interphone , pour annoncer ma visite . le courage étant pour moi un concept aussi flou qu'irréel , je décide donc d’attendre devant la porte . Me rendant alors compte que l’inconnue pourrait tout aussi bien sortir de l’immeuble et que je risque de me retrouver face à elle , pour justifier ma visite , il me paraît plus prudent de prendre les devants et de l’attaquer de front . Aussi je me résous la mort dans l’âme à appuyer sur le bouton interphone .
« OUI » la silhouette a une voix , merveilleuse découverte
« hem , je crois que vous avez perdu un mouchoir … il est à votre nom … »
« MONTEZ » ne sachant trop si cette requête est formulée sur le ton de l’invitation , ou bien de l’ordre , et d’autre part ignorant totalement ce que j’encoure à résister , je décide d’obtempérer.
Cinq étages plus tard , je suis enfin devant l’appartement la porte entrouverte laisse apparaître les yeux profond surplombant la silhouette ornée de sa chevelure ébène .
Je vous passe ici les échanges de banalités propres à deux personnes qui font connaissance et qui conduisent mon hôtesse pleine de reconnaissance et émerveillée par mon épopée rocambolesque à m’offrir une boisson chaude pour me remettre de mes émotions , pour en venir à la suite de mon récit . car je sens déjà la tête me tourner , et dans un brouillard indescriptible , j’entends une voix lointaine , m’expliquer qu’elle attendait ma venue , et que loin d’avoir égaré son mouchoir , c’était bien intentionnellement qu’il m’avait conduit jusqu’à elle .
J’ai perdu la notion du temps à vrai dire , je ne sais pas s’il fait jour ou nuit c var quelque chose sur mes yeux m’empêche de voir . mon corps semble enlacé dans des cordes ou des liens , je ne saurais dire , je ne peux pas bouger mes bras , ni mes pieds , je suis allongé sur un lit il me semble , un bâillon entrave ma bouche aucun son audible ne peut en sortir , je me rebelle , je tente de m’extirper de ces liens , mais rien à faire , je transpire , ma respiration entravée est difficile , mes veines tambourinent vigoureusement sur mes temps . combien de temps , je résiste comme cela , je ne saurais dire , mes narines sentent à nouveau la cigarette , j’entends l’inconnue souffler des bouffées de cigarette , je sens son parfum , le parfum de son mouchoir , et doit être assise quelque part dans la pièce à observer mes efforts désespérés pour tenter de sortir de mes liens , elle ne dit rien , fume , et observe .
a suivre
Tout à coup les volutes d’une fumée me sortent de ma torpeur , elles chatouillent mes narines . en tournant la tête , au bout des volutes je vois une cigarette , au bout de la cigarette une main , puis un bras , une chevelure brune , une silhouette , et un regard pénétrant qui se plonge dans le mien . je détourne la tête aussitôt , choqué que l’on puisse ainsi soutenir mon regard . j’aurais pu lui sourire, je repose à nouveau mon regard sur la silhouette , mais il est trop tard elle regarde ailleurs . je me replonge dans ma rêverie , happant au passage la cambrure des passantes allégées par la perspective d’une après midi de shopping. Mais la fumée revient au gré de la bise me rappelant au souvenir des yeux aux cheveux noirs . alors je me plonge dans mon livre cherchant à fuir ce monde bassement matérialiste et me réfugiant dans la saine discipline de l’intellect . Alors que le vent tourne , les volutes disparaissent et mon cauchemar devient de ne plus sentir à mes côtés la silhouette ; qu’elle disparaisse à jamais . un coup d’œil me rassure , elle est toujours là . afin de ne pas perdre une miette de la silhouette aux yeux affamés , je change de position sur mon siège , grâce à une contorsion des plus habiles et réalisée avec un grand naturel .
Mais que fait la main ? elle vient de tuer la cigarette dans un cendrier . l’inconnue est maintenant sur le départ et en quelques instant , il ne reste de trace de son passage que dans les derniers bouffées de parfum emportés par le vent. Que j’aurais en ce moment précis , souhaité avoir un bocal afin d’y conserver ce merveilleux parfum , mais il restera gravé dans les limbes de ma mémoire , avant de s’y perdre comme tous les autres . alors que désespérément , je cherche les dernières traces invisible de l’inconnue , je remarque au sol , une pièce de tissu à l’emplacement même ou elle se trouvait . je le prend en mais , c’est un mouchoir . humant son parfum , à distance respectueuse , comme pour en pas l’endommager , je constate qu’il est le même que dans ma mémoire , l’inconnue , appartient bien à ce mouchoir , dernier vestige oublié de son passage .
Il se fait tard , maintenant , trop de souvenirs douloureux se sont entassés à la terrasse de ce café , et il est temps pour moi de rentrer afin de jouir de mon trophée .
C’est une fois entré chez moi , et décachetant le linge perdu , que je découvre brodé en fil plus clair un nom . Ma perspicacité me conduit donc à penser qu’il s’agit de la personne qui appartient à ce mouchoir , et que ce mouchoir doit beaucoup tenir à elle . aussi je me lance dans une enquête sans précédent ne me prenant pas plus de deux heures afin de déterminer avec précision l’adresse des yeux aux cheveux noirs . mon premier défi étant réussi , je me retrouve avec une liste de candidates plus importante que prévues .
Comment faire alors , appeler chaque personne sur la liste ou bien se rendre sur place , ou bien encore retourner au café , et y passer toutes les après midi jusqu’à ce que l’inconnue réapparaisse ? au petit matin , une nuit sans sommeil , passé entre l’hésitation de la marche à suivre , et l’enivrement incessant du morceau de tissu importun , sans cesse porté à mes narines pour ne pas en perdre une effluve, alourdit mes paupières .
Au matin , donc ma résolution est prise me séparer de ce mouchoir embrassant au plus vite . j’élimine donc toutes les adresses trop loin du café , et je retiens une adresse au hasard parmi … une .
Je me rends sur place , et après une minutieuse reconnaissance des lieux , je me lance à l’assaut de la forteresse , enfin je veux dire de l’immeuble . sonnant la charge , et prêt à bondir sur la boite aux lettres afin d’y déposer le chiffon , je me heurte à la porte du hall d’entrée désespérément sourd à tous mes assaut . c’est alors que je regrette de ne pas avoir approfondi mon étude du ZUN TSU , qui m’aurait sans doute permis de savoir quoi faire en telle situation . a moi s’offre deux choix : soit attendre qu’une personne daigne sortir de l’immeuble , afin de m’y glisser subrepticement , et dans la foulée jeter le mouchoir dans la boite aux lettres , soit appuyer sur le bouton interphone , pour annoncer ma visite . le courage étant pour moi un concept aussi flou qu'irréel , je décide donc d’attendre devant la porte . Me rendant alors compte que l’inconnue pourrait tout aussi bien sortir de l’immeuble et que je risque de me retrouver face à elle , pour justifier ma visite , il me paraît plus prudent de prendre les devants et de l’attaquer de front . Aussi je me résous la mort dans l’âme à appuyer sur le bouton interphone .
« OUI » la silhouette a une voix , merveilleuse découverte
« hem , je crois que vous avez perdu un mouchoir … il est à votre nom … »
« MONTEZ » ne sachant trop si cette requête est formulée sur le ton de l’invitation , ou bien de l’ordre , et d’autre part ignorant totalement ce que j’encoure à résister , je décide d’obtempérer.
Cinq étages plus tard , je suis enfin devant l’appartement la porte entrouverte laisse apparaître les yeux profond surplombant la silhouette ornée de sa chevelure ébène .
Je vous passe ici les échanges de banalités propres à deux personnes qui font connaissance et qui conduisent mon hôtesse pleine de reconnaissance et émerveillée par mon épopée rocambolesque à m’offrir une boisson chaude pour me remettre de mes émotions , pour en venir à la suite de mon récit . car je sens déjà la tête me tourner , et dans un brouillard indescriptible , j’entends une voix lointaine , m’expliquer qu’elle attendait ma venue , et que loin d’avoir égaré son mouchoir , c’était bien intentionnellement qu’il m’avait conduit jusqu’à elle .
J’ai perdu la notion du temps à vrai dire , je ne sais pas s’il fait jour ou nuit c var quelque chose sur mes yeux m’empêche de voir . mon corps semble enlacé dans des cordes ou des liens , je ne saurais dire , je ne peux pas bouger mes bras , ni mes pieds , je suis allongé sur un lit il me semble , un bâillon entrave ma bouche aucun son audible ne peut en sortir , je me rebelle , je tente de m’extirper de ces liens , mais rien à faire , je transpire , ma respiration entravée est difficile , mes veines tambourinent vigoureusement sur mes temps . combien de temps , je résiste comme cela , je ne saurais dire , mes narines sentent à nouveau la cigarette , j’entends l’inconnue souffler des bouffées de cigarette , je sens son parfum , le parfum de son mouchoir , et doit être assise quelque part dans la pièce à observer mes efforts désespérés pour tenter de sortir de mes liens , elle ne dit rien , fume , et observe .
a suivre